Premiers échantillons de l’astéroïde Bennu récoltés par Osiris-Rex

Échantillons de l'astéroïde Bennu. © Nasa/E.Blumenfeld, J.Aebersold
La Nasa a révélé les images d’une partie des échantillons collectés sur l’astéroïde Bennu par sa sonde Osiris-Rex. La précieuse cargaison est arrivée sur Terre le 24 septembre 2023. Mais le meilleur reste à venir…

Ces quelques cailloux et poussières de couleur noire, accumulées sur le côté gauche d’un réceptacle métallique, sont un véritable trésor. Celui collecté sur l’astéroïde Bennu par la sonde américaine Osiris-Rex le 21 octobre 2020 à environ 300 millions de kilomètres de la Terre. Arrivés sur notre planète le 24 septembre 2023, ils ont été dévoilés le 11 octobre par la Nasa, qui travaille à leur récupération dans une salle blanche du centre spatial Johnson, à Houston. Mais ce que montre cette image n’est qu’un avant-goût ! Il s’agit de débris rocheux restés prisonniers sur le couvercle qui contient le gros des échantillons et qui n’a pas encore été ouvert.

Le couvercle de la capsule d’Osiris-Rex contenant les échantillons de Bennu, avec du matériau "bonus" sur le dessus. © Nasa/Erika Blumenfeld & Joseph Aebersold.

Des roches riches en carbone et en eau

L’analyse préliminaire de ces fragments de Bennu a révélé qu’ils sont riches en carbone et en eau. Or, ce petit corps céleste est vieux de 4,5 milliards d’années. Il fait partie des « blocs de construction » qui n’ont pas été utilisés pour constituer des planètes. En cela, il constitue un témoignage de cette époque antérieure à la formation de la Terre. Les scientifiques savaient déjà qu’il était riche en carbone. Cette analyse le confirme. Le carbone et l’eau sont des éléments essentiels à partir desquels la chimie organique s’est opérée sur notre planète pour aboutir à l’émergence de la vie.

Gros plan sur les roches très sombres de l'astéroïdes Osiris-Rex. © Nasa/Erika Blumenfeld & Joseph Aebersold.

Le but de la mission Osiris-Rex était de collecter au moins 60 grammes de matériau. Avec les roches situées à l’extérieur de la capsule, l’ensemble de la récolte pourrait atteindre les 250 g, ce qui en fait la collecte la plus prolifique réalisée sur un astéroïde. La plupart de ces roches (70%) vont être stockées dans les meilleures conditions de préservation en vue d’études futures avec des moyens d’investigation qui n’existent pas encore. Dans les deux ans qui viennent, le reste va être partagé avec plusieurs laboratoires du monde entier regroupant 200 scientifiques pour être étudié. La France devrait d’ailleurs recevoir quelques fragments. Le meilleur reste donc à venir dans la quête des origines que constitue l’exploration d’astéroïdes primitifs tels que Bennu.

 

A écouter au sujet de Bennu :

Podcast : D’où les astéroïdes Ryugu et Bennu tirent-ils leur forme étrange ?

 

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