La face cachée de la Lune à 130 km, par Artemis 1

Crédit : Nasa
La capsule Orion de la mission Artemis 1 a survolé la face cachée de la Lune le 21 novembre. Ses caméras de navigation ont produit des clichés assez résolus de la surface lunaire.

Un demi-siècle après les photographies argentiques prises par les astronautes d’Apollo, les images de la face cachée de la Lune obtenues en mode automatique depuis la capsule Orion d’Artemis 1 font un drôle d’effet. Elles sont résolues, certes, et montrent de nombreux détails. Mais elles sont aussi surexposées par endroits. Les différences de brillance sur le sol de notre satellite en sont la cause. Et aussi, le fait qu’il s’agit de caméras de navigation, dont le temps d’exposition n’a visiblement pas été adapté au sujet photographié. Mais elles constituent le témoignage qu’un vaisseau conçu pour des humains a retrouvé le chemin de la Lune 50 ans moins un mois après Apollo 17.

Un survol rapproché de la face cachée

Pour sa manœuvre d’insertion sur une orbite lointaine et rétrograde, Orion est passé à seulement 130 km de la surface de la Lune, mais du côté de la face cachée (simulation ci-dessous).

Simulation du survol de la face cachée de la Lune par Artemis 1. Le cratère Chaplygin est juste au-dessus de la date (NOV 21, 2022).

Sur les images prises par Artemis 1, quelques cratères ont été identifiés sur l’album Flickr publié par la Nasa. Nous les avons situées sur l’hémisphère de la Lune qui tourne en permanence le dos à la Terre.

Le point rouge indique le cratère Chaplygin sur la face cachée de la Lune. Les autres photos ont été prises dans la même région. À gauche, une partie de la face visible est discernable. © Nasa/LROC

Ainsi, le vaisseau sans équipage mais bardé de caméras a survolé les cratères Vening Meinesz (88 km de diamètre), Schliemann (77 km), Chaplygin (123 km) et Vil’ev (46 km).

Le cratères Vening Meneisz (au centre) vu par Artemis 1. © Nasa.
Le cratère Schliemann vu par Artemis 1. © Nasa
Le cratère Chaplygin, vu par Artemis 1. © Nasa
Le cratère Vil'ev, en haut à gauche (avec deux petits cratères jumeaux dans son enceinte), vu par Artemis 1. © Nasa

À titre de comparaison, nous publions une photo du cratère Crookes prise par les astronautes d’Apollo 8 en décembre 1968. Crookes se situe non loin du grand bassin d’impact Korolev, sur la face cachée.

Le cratère Crookes, 48 km de diamètre, photographié lors d'Apollo 8 à travers un hublot maculé de joint RTV fondu (d'où cette impression de brume). © Nasa


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