Un nouvel impact d’astéroïde observé en direct sur Jupiter

Le point blanc, photographié à la même latitude que la Grande Tache Rouge, est dû à l'impact d'un astéroïde dans l'atmosphère de Jupiter. Crédit : Ethan Chappel.
Une grosse météorite a percuté la plus grosse planète du Système solaire le 19 juillet. Par chance, un astronome amateur faisait des photos de la géante gazeuse et a saisi l’instant de l’impact.

Le 25 juillet 2019, la Terre était approchée par un astéroïde d’une centaine de mètres de diamètre, heureusement sans collision. Seulement quelques jours plus tard, le 7 août, un astronome amateur, Ethan Chappel, a observé le flash lumineux produit par l’impact d’un autre astéroïde dans les nuages de Jupiter. Il était 4 h 07 TU, soit 6 h 07, heure légale française quand, sur quelques unes des images d’une acquisition vidéo faite au foyer d’un télescope de 200 mm, un petit point brillant est apparu de manière éphémère à la surface de Jupiter. L’événement a eu lieu sur la bande équatoriale sud de la planète, la même sur laquelle évolue la Grande Tache Rouge, cette gigantesque tempête ovale qui fait rage depuis plus de trois siècles. L’image prise par l’amateur montre d’ailleurs la Grande Tache Rouge en même temps que le point lumineux, qui est très probablement dû à la désintégration d’un petit corps céleste dans l’atmosphère jovienne.

L'une des images brutes, extraite de la vidéo,
montrant le flash lumineux du 7 août 2019.
Crédit : Ethan Chappel.

Sept collisions déjà observées sur Jupiter

Ce n’est pas la première fois qu’un tel événement est photographié. Jupiter est en effet observée de manière quasi-permanente par des amateurs partout dans le monde. Outre l’impact de la comète Shoemaker-Levy 9 sur la planète, qui avait été prévu et observé par les observatoires professionnels en 1994, la première collision vue par hasard remonte au 19 juillet 2009. L’amateur australien Anthony Westley avait photographié le flash lumineux correspondant. Et, dans les jours qui avaient suivi, le télescope spatial Hubble avait pris une photo très résolue du nuage sombre résultant du cataclysme.

Par la suite, cinq autres impacts météoritiques avaient été vus, notamment le 3 juin et le 10 septembre 2010. Les astronomes en avaient même conclu que la fréquence d’événements similaires sur cette planète était bien plus élevée qu’ils ne le pensaient jusque-là. Toutefois, ces quelques observations ne suffisent pour avancer une estimation de cette fréquence.

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