La comète interstellaire Borisov s’est fragmentée !

La comète Borisov photographiée en octobre 2019 par le télescope spatial Hubble © Jewitt et. al
2I/Borisov, première comète détectée comme provenant de l’espace intersidéral, a perdu un morceau de son noyau. Les images du télescope spatial Hubble témoignent de la fragmentation.

Nul besoin de voler très près du Soleil pour, tel Icare, se brûler les ailes. Pour la comète interstellaire 2I/Borisov, 450 millions de kilomètres – soit 3 fois la distance Terre-Soleil – auront suffi. Dans une photo prise le 30 mars 2020 par le télescope spatial Hubble, un fragment semble s’être détaché du noyau de la comète venue d’ailleurs. C’est ce qu’indique l’astronome David Jewitt (université de UCLA, Los Angeles) et son équipe le 2 avril 2020 sur la plateforme The Astronomer’s Telegram, dont les astronomes se servent pour diffuser rapidement leurs dernières observations notoires.

Entre le 23 et le 30 mars 2020, un fragment (en haut à droite) est apparu sur les images du télescope Hubble. © Jewitt et. Al

D’une taille inférieure à 100 m, le fragment se situe à 180 km de la comète dans la direction de sa traînée. Dans une deuxième circulaire publiée dix heures plus tard, une autre équipe américaine a confirmé qu'une fragmentation pouvait avoir eu lieu le 7 mars 2020. À cette date, un télescope polonais installé à l’observatoire de Las Campanas au Chili avait observé deux éclats lumineux consécutifs en provenance de 2I/Borisov. Un signal caractéristique d’une comète en train de se désagréger. Si la traînée des comètes est due à la chaleur du Soleil, qui en vaporise le matériau poreux fait de glaces et poussières, un deuxième phénomène intervient pour en disloquer des fragments plus massifs. Ce sont les forces de marée provoquées par la gravitation du Soleil (ou d’une planète massive comme Jupiter lorsque la comète en croise une) qui viennent tirailler la structure fragile de l’astre chevelu.

Au revoir Borisov

Découverte le 30 août 2019 alors qu’elle s’approchait de notre Système solaire, 2I/Borisov s’en éloigne maintenant. L’astre, dont la taille du noyau a été rabaissée à 500 m de diamètre maximum, est passé le 10 décembre 2019 à son point le plus proche du Soleil, ou périhélie. Trois cents millions de kilomètres la séparaient alors de l’astre du jour. « Avec 1I/’Oumuamua [premier objet interstellaire, découvert en 2017, NDLR] et les deux morceaux de 2I/Borisov, ça nous fait donc maintenant trois objets interstellaires », s’amuse Adrien Coffinet, ancien doctorant de l’université de Genève.

La trajectoire de la comète Borisov, initialement nommée 2019 Q4, traverse le plan de l'écliptique dans lequel tournent les planètes du Système solaire. © DR

 

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