Le lancement d’Artemis 2 est reporté à mars 2026

Crédit : NASA/Sam Lott
A la suite d’une répétition générale de lancement conduite pendant deux jours au centre spatial Kennedy, la Nasa a décidé de repousser la mission Artemis 2 au début du mois de mars. En cause : des fuites importantes d’hydrogène lors du remplissage des réservoirs de la fusée SLS.

La fusée Space Launch System (SLS) a son talon d’Achille, et il est maintenant bien identifié : la connexion permettant le remplissage de son réservoir d’hydrogène liquide. C’est en effet en raison d’une fuite importante à ce niveau que les opérations simulant un lancement ont été interrompues longuement lundi 2 février 2026, sur le pas de tir 39B du centre spatial Kennedy en Floride. Et c’est ce problème, entre autres, qui a conduit la Nasa à abandonner toute tentative de lancement de la mission lunaire Artemis 2 avant le 11 février. Lors de la mission Artemis 1 déjà, en 2022, la SLS avait souffert de cette faiblesse qui avait conduit à plusieurs reports du lancement.

Fuites d’hydrogène

Les opérations avaient pourtant bien commencé, environ 48 heures avant la date fixée pour le lancement fictif, le 2 février à 21 h (heure locale). Le refroidissement des moteurs ainsi que le remplissage des réservoirs de l’étage central à faible débit s’étaient déroulées sans accroc. Puis, le remplissage à haut débit avait été lancé, au départ avec succès. Puis, alors que le réservoir d’hydrogène était chargé à 55% de sa capacité, une fuite avait été détectée, entrainant un premier arrêt du remplissage. La réparation a duré plus d’une heure trente, mais pendant ce temps, le remplissage s’est poursuivi. Finalement, celui-ci a pu être mené à son terme. Toutefois, la fuite s’est à nouveau déclarée quelque 5 minutes avant la fin du décompte, à un taux dépassant les limites autorisées.

La création des planètes est en une du Ciel & espace n°605 ! 

Disponible sur notre boutique web et en kiosque (où le trouver ?)

Une nouvelle répétion générale à venir

Dans un communiqué, la Nasa a expliqué : « Les ingénieurs ont surmonté plusieurs difficultés lors de cet essai de deux jours et ont atteint la plupart des objectifs fixés. Afin de permettre aux équipes d’analyser les données et de procéder à une seconde répétition générale en conditions réelles, nous visons désormais le mois de mars comme première date possible pour cet essai en vol. »

Les quatre astronautes d’Artemis 2 ont cessé leur quarantaine entamée le 21 janvier (pour éviter de contracter des maladies avant la mission). Ils en commenceront une nouvelle, deux semaines avant la première opportunité de lancement qui est le 6 mars 2026, à 2 h 29 du matin (heure française).

Des progrès par rapport à Artemis 1

Malgré le retour du problème congénital de la SLS, à savoir les fuites d’hydrogène au niveau du joint de déconnexion rapide, la répétition générale a montré des progrès par rapport à Artemis 1. Les réservoirs d’hydrogène ont pu être remplis entièrement, ce qui n’avait pas été le cas à plusieurs reprises lors de la mission précédente. Rappelons que ce gaz, rendu liquide à -253°C, est le plus volatil qui soit. Les fuites mesurées sont infimes et resteraient acceptables avec un autre gaz moins sujet à s’échapper.

Recevez Ciel & Espace pour moins de 6€/mois

Et beaucoup d'autres avantages avec l'offre numérique.

Voir les offres

Nous avons sélectionné pour vous

  • Répétition générale en vue pour Artemis 2

    Avant son lancement vers la Lune, l’équipage de la mission Artemis 2 doit effectuer une répétition générale du compte à rebours. Celle-ci doit commencer le 30 janvier 2026. À l’issue de cette simulation sur l’aire de lancement, la Nasa décidera de la suite des opérations.

  • Le budget de la Nasa pour 2026 est finalement en hausse

    Un budget de 24,4 milliards de dollars, légèrement en baisse, a été adopté pour la Nasa par la voie légale habituelle. Mais avec une autre enveloppe provenant d’une autre loi signée en juillet 2025, l’agence spatiale voit ses moyens financiers augmenter en 2026.

  • Cloud-9, la galaxie ratée qui pourrait prouver la matière noire

    La découverte d’un nuage d’hydrogène et de matière noire, sans étoile, vient d’être confirmée par des observations du télescope Hubble. C’est le premier du genre et il nous offre un regard inédit dans ce qu’étaient ces « blocs » de matière primitive destinés à se transformer en galaxies.