L’étage principal d’Ariane 6 testé avec succès à Kourou

Crédit : ESA/ArianeGroup/CNES - Optique vidéo du CSG
Bonne nouvelle sur le front d’Ariane 6. Plusieurs tests des performances du nouveau lanceur européen se sont déroulés avec succès. Mais il faudra attendre un prochain essai crucial avant que l’ESA n’annonce une date de lancement inaugural.

Mardi 5 septembre, l’étage principal d’Ariane 6 a effectué son premier essai dit « à feu court » sur son pas de tir au Centre spatial guyanais de Kourou, en Guyane française. Cela signifie que l’étage (ou réservoir) principal a été alimenté en hydrogène et oxygène liquides, et que son moteur Vulcain 2.1 a été allumé. Il a fonctionné de façon nominale durant 4 secondes, la durée prévue pour ce test. Avant l’allumage, les équipes avaient simulé, également avec succès, toute la préparation au lancement.

Le 18 juillet, un test similaire avait été mené à Kourou avec succès, à ceci près que le moteur Vulcain n’avait pas été allumé. Ce nouvel essai, plus complet, confirme donc les bonnes performances de l’étage principal.

Feu vert également pour l’étage supérieur

Le 1er septembre, c’est l’étage supérieur d’Ariane 6 qui avait été testé avec succès sur un banc d’essai, non pas à Kourou, mais à Lampoldshausen, en Allemagne, au DLR, le centre spatial allemand. Cet étage fonctionne avec un nouveau moteur Vinci doté d’un « groupe auxiliaire de puissance » (APU), le tout capable de s’allumer et de s’éteindre plusieurs fois dans l’espace. Cette technologie, grande innovation d’Ariane 6, permet notamment de placer des satellites sur différentes orbites.

« Le moteur s’est allumé durant 11 minutes, comme ce sera le cas pour le vol inaugural, et toutes les séquences se sont déroulées de façon nominale, a certifié Martin Sion, le président d’ArianeGroup, lors d’une conférence de presse organisée par l’ESA, le 4 septembre 2023. Nous devons désormais mener ce même test, mais en conditions dégradées, avec hypothèses d’échecs, afin de déterminer de quelles marges de sécurité nous disposons. Ariane 6 doit être aussi fiable que l’était Ariane 5. ».

Prochain test prévu le 3 octobre

Autre test crucial à venir pour évaluer la fusée européenne : un nouvel allumage de l’étage principal, non plus court comme celui du 5 septembre, mais long. Le 3 octobre prochain, à Kourou, Vulcain devra s’allumer durant toute la durée prévue du vol inaugural, c’est-à-dire durant 470 secondes, soit environ 8 minutes. « Nous ne pouvons pas annoncer de date de vol inaugural avant ce test déterminant du 3 octobre, a déclaré Joseph Aschbacher, directeur général de l’ESA, lors de cette même conférence de presse. Il existe encore de nombreuses incertitudes, et l’on ne peut pas spéculer. Mais si tout se passe comme prévu, il pourrait avoir lieu avant le 30 juin 2024. »

 

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Il faudra donc attendre encore plusieurs mois avant de voir Ariane 6 décoller du CSG. Et pourtant, le carnet de commandes d’Arianespace est déjà bien rempli : 28 lancements sont déjà commandés, dont 18 par Amazon — à l’heure actuelle le plus gros client de la société européenne — qui compte sur Ariane 6 pour lancer une partie de sa constellation de satellites Kuiper.

« Notre objectif est d’augmenter progressivement la cadence de lancement par rapport à Ariane 5 pour aboutir à 10 lancements par an puis, à terme, à un lancement toutes les deux semaines, a déclaré Martin Sion, ce qui rendra le lanceur de plus en plus compétitif. Le coût de développement d’Ariane 6 est actuellement de 4 milliards d’euros, avec 20 % de marges que l’on n’a à ce stade pas dépassées. » Ce, en dépit des retards accumulés.

Rendez-vous le 3 octobre prochain pour la répétition générale du premier vol d’Ariane 6.

 

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