Une collision entre satellites évitée de peu en orbite terrestre

Les deux épaves spatiales se sont croisées au-dessus de la ville de Pittsburgh. Crédit : LeoLabs
Les satellites IRAS et GGSE 4, tous deux hors-service, se sont frôlés en orbite basse, à 900 km d’altitude, ce jeudi 30 janvier à 0 h 39. L’incident, qui aurait pu produire des milliers de nouveau débris spatiaux, rappelle l’urgence qu’il y a désormais à dépolluer l’espace circumterrestre.

L’alerte avait été donné le 27 janvier 2020 par LeoLabs, une entreprise spécialisée dans la surveillance du ciel. Ce 30 janvier, à 0 h 39, le petit satellite américain GGSE4 est passé à moins de 50 m de l’observatoire infrarouge Iras de la Nasa. Quelques heures avant de se frôler, le risque de collision entre les deux satellites hors-service (et donc considérés comme des débris spatiaux) était encore évalué à 1 %.

Lancé en 1983, Iras est un engin d’une tonne mesurant 3,60 m dans sa plus grande dimension. GGSE 4, lancé en 1967, ne pèse que 85 kg mais est équipé d’une longue tige de 18 m rendant délicat le calcul de la probabilité de collision. Ils se sont croisés à plus de 56 000 km/h.

Syndrome de Kessler

La collision entre deux épaves ne susciterait guère d’inquiétude si elle ne s’accompagnait pas de la production de milliers de débris qui, en orbite, se transforment pour longtemps en autant de projectiles dangereux, susceptibles à leur tour de détruire d’autres satellites.

En 1978, Donald J. Kessler et Burt Court-Palais, de la Nasa, ont montré que la croissance des débris dans l’espace pouvait devenir incontrôlable. En effet, les débris d’une collision entraînant d’autres collisions, qui elles-mêmes produisent de nouveau débris, leur nombre augmente de façon exponentielle. C’est le syndrome de Kessler, spectaculairement mis en scène en 2013 dans le film Gravity.

Sauf à équiper les satellites de dispositifs de rentrée atmosphérique pour qu’ils se consument dans l’atmosphère à la fin de leur mission, ou à nettoyer l’orbite au moyen d’éboueurs de l’espace, il existe un risque bien réel de rendre un jour l’orbite basse inexploitable. Les incidents, désormais, ne sont plus rares. L’atmosphère peut en effet freiner les objets en orbite et finalement provoquer leur chute et leur destruction – une forme de nettoyage naturel –, mais au-delà de 600 km d’altitude, sa densité est si faible que le freinage n’est efficace qu’au bout de plusieurs décennies, voire plusieurs siècles.

 

Deux titres actuellement en kiosque ou disponibles sur notre boutique web

le magazine Ciel & espace n°569, de février-mars 2020 et l’Almanach du ciel 2020

Recevez Ciel & Espace pour moins de 6€/mois

Et beaucoup d'autres avantages avec l'offre numérique.

Voir les offres

Nous avons sélectionné pour vous

  • Podcast : La photosynthèse, moteur de la biosphère

    La photosynthèse a totalement transformé la composition de l'atmosphère terrestre et est aujourd'hui le principal moteur de la biosphère. Pourrait-elle fonctionner sur planète autour d'une étoile différente du Soleil ?

  • Podcast : Dans le ciel en avril 2020

    Vénus, la star du mois, passe devant l'amas des Pléiades. La Lune, Mars et Jupiter font le spectacle le 15 avril et les étoiles filantes Lyrides nous rendront visite le 23... En fin d'émission, comme chaque mois, découvrez les coups de coeurs de nos chroniqueurs !

  • Podcast : La vie extraterrestre est-elle extrémophile ?

    Il existe des organismes qui peuvent supporter des températures supérieures à 100°C. Au plus profond des océans, des crustacés s’ébattent à une pression de plus de mille fois la pression atmosphérique. Et certaines bactéries prospèrent dans des environnements radioactifs ! Qu'est-ce que l'existence de ces extrémophiles nous apprend sur l'origine de la vie et la possibilité d'une vie extraterrestre ?