Le bouclier thermique du JWST est entièrement déployé

En deux jours, le télescope James Webb a fini de tendre les fines couches qui composent son bouclier thermique. C’était l’une des étapes les plus risquées de son déploiement.

Les miroirs et instruments du télescope James Webb (JWST) sont maintenant plongés dans le noir et le froid les plus complets. Le 4 janvier à 17h58 heure de Paris, les équipes du Space Telescope Science Institute (STScI) à l’université John Hopkins dans le Maryland ont officiellement terminé de tendre la dernière couche de son bouclier thermique. Comptant 5 épaisseurs séparées entre elles par près de 30 cm de vide, le vaste losange bloque et dissipe la chaleur en provenance du Soleil et du système Terre-Lune. Mais pour y parvenir, il aura fallu tendre 90 câbles dans le vide de l’espace et en l’absence de pesanteur terrestre.

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Pour tout savoir sur le JWST

Ciel & espace 580, dossier spécial télescope Webb, et l'Almanach du ciel 2022

« C’est là qu’il y a le plus de danger qu’un incident se produise » nous livrait Paul Geithner, chef de projet adoint de la partie technique du JWST (cf magazine Ciel & Espace numéro 579). En 2018, une partie du bouclier thermique s’était déchirée pendant un test de déploiement. Si chaque toile fait plus de 20 mètres de long et 14 mètres de large, leur épaisseur est fine comme celle d'un cheveu : à peine 0,025 mm pour quatre d'entre elles. Et pour celle faisant face au Soleil, comptez seulement 0,05 mm.

Trois le lundi, deux le mardi

Mais cette fois-ci la « Team sunshield » (« équipe bouclier solaire ») du JWST n’a pas failli à sa tâche. Après avoir effectué la mise en tension de la 1ère couche lundi 3 janvier, elle a tenu à procéder à celles des 2ème et 3ème couches dans la foulée, alors que celles-ci n’étaient prévues que le lendemain. « Ils voulaient même aller encore plus loin dans la soirée, nous avons dû les retenir pour que tout le monde puisse se reposer » s’est amusé Keith Parrish, responsable des commandes [commissioning manager] envoyées au Webb. La mise en tension des deux dernières, et les plus proches des miroirs du JWST, a donc repris le lendemain matin avant 9h30 à Baltimore. En plus de faire passer la chaleur de 85°C côté chaud à -235°C côté froid, les 5 toiles du pare-soleil sont conçues pour résister à d’éventuels impacts de micrométéorites. Lorsque ces dernières viendront à perforer l’une des couches, les microdéchirures ne se propagerons pas le long de leur surface.

Découvrez aussi notre série de podcasts consacrés au télescope Webb

Et maintenant les miroirs

La prochaine étape majeure est dorénavant l’extension du miroir secondaire du JWST plus de 7 mètres au-devant du primaire. Dès demain, des petits radiateurs commenceront à chauffer les moteurs – pour éviter qu’ils se grippent à cause du froid – qui déploieront les longues perches portant la surface réfléchissante de 74 cm de diamètre. La seconde que la lumière issue du cosmos trouvera sur sa route lorsqu’elle croisera le Webb…

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