La comète SWAN mantient le suspens pour les prochains jours

La comète SWAN photographiée depuis le Chili le 1er mai avec une lunette de 150 mm. Crédit : APO_Team, T. Demange, R. Galli, T. Petit.
Initialement annoncée comme visible à l’œil nu autour du 20 mai, la comète SWAN s’est mise à devenir imprévisible, avec des variations rapides de luminosité.

Nous vous l’annoncions le 5 mai, la comète SWAN semble bien partie pour devenir visible à l’œil nu autour du 20 mai 2020 dans le ciel de l’aube. Début mai, elle était observable de l’hémisphère Sud et déployait une queue longue comme 15 fois la taille apparente de la Pleine Lune. Elle gagnait une magnitude chaque semaine !

S’attendre à l’inattendu

Juste après la publication de notre article, SWAN a stoppé net cette progression, faisant même craindre une rupture de son noyau, comme la comète C/2019 Y4 ATLAS quelques semaines plus tôt. « Cette période du 26 avril au 5 mai s’apparente à un sursaut d’activité, non à une désintégration », rassure Nicolas Biver, astronome à l’observatoire de Paris-Meudon.

En quelques jours, SWAN a perdu 1 magnitude, suite à ce sursaut. Depuis, elle stagne, si bien qu’il semble difficile de prévoir son éclat lorsqu’elle sera au plus près du Soleil.

Ce graphique montre la courbe de luminosité de la comète SWAN. 

Alors, à quoi s’attendre ? « Tout ce que l’on sait avec les comètes, c’est qu’il faut s’attendre à l’inattendu, souligne Nicolas Biver. Elles sont par essence les astres les plus imprévisibles… Même C/2019 Y4 Atlas n’est pas encore dispersée, avec un noyau/fragment dont l’activité est un peu remontée. »

Difficile de prévoir à plus de 4 jours

La difficulté ici est qu’il s’agit d’une nouvelle comète. C’est la première fois qu’elle passe au plus près du Soleil. Du coup, elle dégage principalement des éléments volatils. C’est pour cela que l’on observe une grande queue de gaz et pas de queue de poussière. « Ces comètes “gazeuses” sont difficiles à comprendre, car des blocs de glace qui ont très peu de poussières peuvent avoir des propriétés thermiques bien différentes de celles des blocs sombres, comme sur la comète Chury [explorée par la sonde Rosetta, NDLR]. Ces comètes chauffent plus lentement et ont une durée de vie plus longue… Pour Swan, il est donc difficile de faire des prévisions à plus de 4 jours », explique Nicolas Biver.

Une comète à chercher le matin

En somme, SWAN mérite d’être surveillée de près. Elle peut encore nous réserver des sursauts d’activité… mais elle peut aussi toujours se désagréger, même si ce n’est pas le scénario le plus probable d’après Nicolas Biver. Elle est déjà passée au plus près de la Terre le 12 mai, et son passage au plus près du Soleil aura lieu le 27 mai 2020. Le pic de luminosité était initialement prévu pour le 21 mai, mais vu son comportement récent, un pic plus intense peut avoir lieu à un autre date en cas de forte variation d’activité.

Pour avoir des cartes de localisation de SWAN et sa position en coordonnées dans le ciel, consultez notre précédent article. Sa magnitude est actuellement de 5,5, vu sa faible hauteur. C’est plutôt une cible à chercher au télescope ou en photo. Mais la comète va encore monter un peu sur l’horizon, et il suffit qu’elle gagne encore 2 magnitudes pour devenir très intéressante et visible à l’œil nu, et finalement proche du pronostic initial. Cela reste une observation basse dans le ciel de l’aube, donc relativement difficile surtout si SWAN reste moins lumineuse que prévu.

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