Un quart de Mars pris dans la tempête

Le 11 juin 2018, la tempête (en rose) s’étend au quart de la planète rouge. © Nasa/JPL-Caltech/MSSS
La Nasa a annoncé que la tempête géante qui s’abat sur Mars depuis le 1er juin2018 recouvre maintenant près d’un quart de la planète rouge. Dans le nuage de poussière, Opportunity est en mode « survie ».

Il y a quelques jours, la tempête martienne s’étendait déjà sur 18 millions de kilomètres carrés. Aujourd’hui, elle en fait double et ne semble pas aller en diminuant. Le nuage est devenu si dense qu’il a plongé la planète rouge dans l’obscurité. Dans ce chaos de poussière, le rover martien Opportunity a été placé en mode « survie ». Toutes ses fonctions ont été arrêtées par les ingénieurs de la Nasa, mis à part une alarme qui le réveille à intervalle régulier. Ainsi, la Nasa peut suivre son stock d’énergie, qui est faible, mais aussi tenter une communication avec l’engin. Pour le moment, Opportunity reste silencieux et immobile dans l’espoir de survivre aux affres de la météo.

Mais Opportunity n’est pas seul sur Mars. La Nasa compte sur ses trois satellites et son deuxième rover, Curiosity, pour étudier le phénomène. Les tempêtes martiennes sont fréquentes, mais seulement une poignée atteint la taille de celle qui se déchaine à l’heure actuelle. La dernière date de 2007. La sonde Mars Reconnaissance Orbiter (MRO), qui a vu en premier la tempête se former le 1er juin, sera chargée de produire des cartes journalières de la planète rouge. Ces images compilées en une animation, comme ci-dessous, permettent de suivre l’évolution de la tempête.

Ces images compilées montrent l'évolution de la tempête (masse orange) entre le 31 mai et le 11 juin 2016.
Le rover Opportunity, au milieu de l'image, est en plein sur sa trajectoire. Crédit :Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS 

Le satellite Mars Odyssey, en orbite depuis 2001, mesurera la quantité de poussière grâce à son détecteur infrarouge.  Enfin, le satellite Maven étudiera le comportement de la haute atmosphère martienne durant cet épisode météorologique particulier. De son côté, Curiosity ne souffre pas autant qu’Opportunity grâce à ses batteries nucléaires. Il offre un point de vue depuis le sol particulièrement intéressant. C’est lui qui a vu les poussières recouvrir progressivement le Soleil jusqu’à le masquer totalement. Depuis le cratère de Gale,  il mesure le « tau » de l’atmosphère, c’est-à-dire son opacité, à mesure que la tempête soulève de plus en plus de poussière.

L’occultation du Soleil vu par le rover Curiosity. À mesure que la tempête grossit, la poussière devient plus dense
et le soleil se ternit jusqu’à disparaître. © Nasa/JPL-Caltech/TAMU

Il est difficile de prédire la durée de cette tempête et si elle peut s’étendre à l’ensemble de la planète. En 2007, la tempête avait duré deux semaines. Celle-ci pourrait encore bien se déchainer pendant plusieurs mois.

Recevez Ciel & Espace pour moins de 6€/mois

Et beaucoup d'autres avantages avec l'offre numérique.

Voir les offres

Nous avons sélectionné pour vous

  • Interview : Brian May, la musique et l’astro en stéréo

    Le guitariste du groupe Queen a trois passions : la musique, bien sûr, mais aussi l’astronomie et l’imagerie 3D. Brian May nous a raconté comment il jongle entre les trois.

  • Mu Cephei expulse de la matière par bouffées

    Pour la première fois, des astronomes ont réalisé une carte 3D des phénomènes de perte de masse d’une supergéante rouge. Des images exceptionnelles obtenues grâce au réseau d’antennes de l’observatoire NOEMA (Northern Extended Millimeter Array), implanté dans les Alpes françaises.

  • Sonde Bepi-Colombo : les défis d’un voyage vers Mercure

    Située à “seulement” 58 millions de kilomètres du Soleil, Mercure présente des difficultés particulières pour tout visiteur spatial. Didier Morançais (Airbus) détaille les défis techniques à relever pour amener la sonde Bepi-Colombo aux abords de la première planète.