Trump donne un budget et un nom au programme lunaire américain

Vue d’artiste du projet de station orbitale lunaire. © Lockheed-Martin
Les États-Unis ont donné un nom à leur programme de retour sur la Lune : Artémis. Simultanément, le président Trump a annoncé vouloir allouer une rallonge budgétaire de 1,6 milliard de dollars à la Nasa pour qu’elle parvienne à envoyer des astronautes sur la Lune avant la fin de 2024.

C’est par un tweet de Donald Trump, le 13 mai en fin de journée, que les États-Unis et le reste du monde ont appris que la Nasa pourrait disposer de 1,6 milliard de plus que prévu en 2020. Et cela, pour qu’elle parvienne à tenir l’engagement pris par le vice-président Mike Pence le 26 mars 2019 d’envoyer des astronautes sur la Lune avant la fin de 2024. Cet amendement au budget, qui ferait passer l’enveloppe globale de la Nasa pour 2020 de 21 à 22,6 milliards de dollars, devra toutefois être approuvé par le Congrès.

Un milliard pour un module lunaire

Si c’est le cas, l’agence spatiale américaine disposera peut-être des moyens pour accélérer le développement de sa fusée géante SLS (Space Launch System), confié à Boeing, et qui accumule les retards. Or celle-ci, qui doit propulser le vaisseau Orion, est indispensable au retour d’astronautes américains sur la Lune. Selon la proposition budgétaire de la Maison Blanche, la SLS devrait recevoir un « booster » financier de 651 millions de dollars (M$). Quant au milliard supplémentaire, il devrait être utilisé pour mettre au point un système de transport des équipages entre l’orbite et la surface lunaire. Autrement dit, il servira à construire un module lunaire ou à le commander à des compagnies privées telles que Blue Origin ou Lockheed-Martin, qui ont déjà fait connaître leurs plans en la matière. La décision de lancer la construction pourrait intervenir dès le mois d’octobre 2019.

Une station orbitale lunaire réduite

Enfin, outre 90 M$ consacrés à l’exploration robot de la Lune, 132 M$ devraient être investis dans la recherche de nouvelles technologies utiles à la surface de la Lune, telles que la propulsion électrique ou l’exploitation de la glace lunaire en eau.

Dans ce plan, la station orbitale lunaire Deep Space Gateway devrait voir ses ressources réduites de 321 M$. De cette manière, l’administration Trump compte la limiter à son strict minimum (un module propulsif, un module de production d’énergie et un module d’amarrage) pour en faire un relais rapidement opérationnel en vue des missions vers la surface. En cela, le gouvernement américain ne fait que suivre l’idée préconisée par Lockheed-Martin mi-avril (lire Ciel & espace n° 565 p. 17). L’assemblage des modules d’habitation devraient être retardé de quelques années.

Le reste du budget de la Nasa n’est pas impacté par cette proposition de la Maison Blanche.

Après Apollo, Artémis

Le 14 mai 2019, peu après l’annonce du président Trump, l’administrateur de la Nasa Jim Bridenstine a publié un message vidéo dans lequel il reprend le plan budgétaire. Simultanément, un tweet de la Nasa rendait public le nom donné au nouveau programme lunaire américain : ce sera Artémis. Dans la mythologie grecque, Artémis était la sœur jumelle d’Apollon… Or, il y a cinquante ans, le programme qui a permis à douze Américains de marcher sur la Lune à partir de 1969 se nommait Apollo.

Un calendrier accéléré

Si la proposition budgétaire de la Maison Blanche est validée par le Congrès, la Nasa parviendra-t-elle à lancer sa première fusée SLS mi-2020 comme espéré jusque récemment ? Cela n’est pas certain. Ce premier vol sans équipage pourrait glisser en 2021, comme le redoute Donald Trump. Mais la suite du calendrier pourrait ne pas en être impactée avec un premier vol habité autour de la Lune en 2022 ou 2023. Enfin, en 2024, une fois l’embryon de la Deep Space Gateway assemblée en orbite lunaire, un équipage irait la rejoindre pour embarquer dans un module lunaire et poser le pied au pôle sud de la Lune. Cela, si tout se passe bien sur le plan technique.

 

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