Nuits des étoiles 2022 : explorez la Lune, les planètes et… tout l’Univers !

Crédit : C. Birnbaum pour Ciel & Espace
Toute la variété du ciel défile au cours des Nuits des étoiles : des astres les plus proches aux galaxies les plus lointaines. Tous nos conseils pour en profiter.

Il est rare qu’il y ait autant de choses à voir dans le ciel au cours d’une même nuit : la Lune, les planètes, la Voie lactée, des amas d’étoiles, des nébuleuses, des galaxies… sans oublier les étoiles filantes. Tel est en tout cas le menu des 32e Nuits des étoiles, qui se déroulent partout en France du 5 au 7 août 2022.

Avec l’Association française d’astronomie (AFA) plus de 500 manifestations réparties sur l’ensemble du territoire attendent le public pour des conférences, des animations et surtout des observations à l’œil nu et au télescope. Pour que vous ne manquiez rien du spectacle céleste, Ciel & Espace a consacré son numéro d’été au recensement des meilleurs coins pour observer la sphère étoilée. Voici, en guise de rappel, nos conseils pour profiter au mieux de ces Nuits des étoiles et des suivantes.

La Lune en ouverture

Il ne fait pas encore totalement nuit qu’un astre est déjà bien visible : la Lune. Le 4 août, elle se présente en croissant à une hauteur moyenne (autour de 20°) vers 21 h 30. Elle se trouve alors au-dessus de l’horizon sud-ouest. Bien que l’atmosphère puisse être turbulente et risque de brouiller un peu l’image, un coup d’œil au télescope vous permet de découvrir le paysage majestueux de sa surface cratérisée, de ses étendues de lave solidifiée (les mers) et plusieurs autres curiosités. Le 4 août au soir, le Soleil se lève sur les Apennins où, voici 51 ans, les astronautes de la mission Apollo 15 menaient leurs explorations. Cette chaîne de montagnes est splendide au télescope et le 5 août, avec une phase plus avancée, il est possible de détailler la faille de Hadley (1 km de large) qui serpente à ses pieds. Référez-vous à notre hors-série n°34, « Vos premiers pas sur la Lune », disponible en version numérique, pour trouver les principales formations lunaires dignes d’intérêt et pour savoir comment les observer.

La Lune se couche autour de minuit et avec l’extinction de sa clarté, elle laisse ensuite la voie libre pour admirer la Voie lactée.

La Voie lactée et ses merveilles

Une fois la Lune couchée, pour bien voir la Voie lactée, il faut disposer d’un ciel sans lumières gênantes. Cela signifie qu’il faut se trouver relativement à l’écart des villes. Et qu’il faut, dans son environnement proche, éviter toute source lumineuse (y compris un écran de téléphone portable). Habituez votre vue à l’obscurité pendant au moins 10 minutes (15, c’est mieux). Et ensuite, vous percevrez les plus faibles lumières des étoiles et des nébuleuses de notre Galaxie.

L’article d’Emmanuel Beaudoin, p. 94 du Ciel & Espace n°584, vous indique comment dénicher à l’œil nu, mais aussi aux jumelles, les objets célestes les plus intéressants, tels que les amas globulaires M 13 et M 22, les nébuleuses M 17 et M 8 ainsi qu’un bel amas ouvert dans le Cygne, tout à côté de la difficile nébuleuse North America (elle aussi visible à l’œil nu sous un très bon ciel).

Pour mettre toutes les chances de votre côté, chassez les meilleurs « spots » de ciel noir en France. Cela tombe bien : ce numéro 584 de Ciel & Espace les recense pour vous grâce à une carte de France inédite qui permet de jauger la qualité de ciel partout dans l’Hexagone et dans les territoires d’outre-mer.

Saturne et Jupiter ouvrent le bal des planètes

Dans le même temps, au cours de la nuit, les planètes font leur entrée en scène. Vers minuit, au-dessus de l’horizon sud-est, Saturne est la première à monter et à se dégager des couches les plus turbulentes de l’atmosphère. Même si elle est visible à l’œil nu sans difficulté sous la forme d’une étoile qui ne scintille pas (ou presque pas), pour voir ses anneaux, il faut un télescope et un grossissement d’au moins 25 X, comme le détaille notre article d’observation.

Saturne est suivie de Jupiter, qui commence à atteindre une hauteur raisonnable vers 1 h du matin. Une paire de jumelles stabilisée (en vous accoudant confortablement) permet de discerner son disque blanc et de voir les quatre satellites galiléens qui l’accompagnent. S’il en manque un ou deux, c’est qu’ils sont devant ou derrière la planète. Mais le spectacle est nettement meilleur dans une lunette ou un télescope. Pour cette raison, si vous n’en avez pas, profitez des Nuits des étoiles pour vous rendre dans un club d’astronomie ; il y en a forcément un près de chez vous !

Jupiter monte très haut dans le ciel au cours de la nuit, ce qui promet de bonnes conditions d’observation au télescope. Et il se passe régulièrement quelque chose autour de la géante gazeuse. Outre la Grande Tache Rouge, un gigantesque tourbillon nuageux qui peut être vue dans une lunette, les satellites font le spectacle. Par exemple, le 6 août à partir de 4 h 12 du matin (oui, c’est tard…), l’ombre d’Europe se projette sur la surface de la planète. Le phénomène, qui provoque une éclipse totale de Soleil sur Jupiter, est aisément visible à partir de 4 h 20, et ce jusqu’à 6 h 44. Il fait alors jour et Europe, à son tour, a commencé son passage devant Jupiter (depuis 6 h 27).

Configuration de Jupiter et de ses principaux satellites, le 6 août vers 4 h 50 du matin (heure légale française). Notez l'ombre d'Europe qui se projette sur la planète.

Mars pointe son nez

La nuit est plus qu’avancée quand une troisième planète pointe le bout de son nez. Il s’agit de Mars. A 3 h du matin, celle-ci arrive à environ 20° au-dessus de l’horizon est. A l’œil nu, Mars est reconnaissable à son vif éclat orangé. Cette voisine de la Terre est encore loin. Et même au télescope, il faut grossir considérablement l’image pour percevoir confortablement son petit disque de presque 9’’. A 100 X, cela peut pourtant suffire pour discerner sa calotte polaire nord et les principales taches sombres de sa surface. Attention : Mars est une planète qui ne se livre pas facilement. Il faut un peu de patience avant de voir quelque chose sur son disque très lumineux dans un télescope. Il faut que l’œil s’habitue. Attendez donc quelques minutes et vous finirez par voir ces taches sombres peu contrastées qui ont pour noms Syrtis Major, Sinus Meridiani ou encore Terra Sirenum…

Position des planètes (après le coucher de la Lune) vers 3 h du matin (heure légale française) lors des Nuits des étoiles.

Au fil des mois, Mars se rapproche de la Terre. Les conditions pour l’observer s’améliorent jusqu’à début décembre, période la plus favorable.

Vénus ferme la marche

Quand les lueurs de l’aube arrivent, guettez l’horizon est-nord-est. Un astre presque aussi brillant qu’un avion en approche se lève : il s’agit de la planète Vénus. Depuis le printemps et la parade des planètes, la disparition de Mercure fait d’elle la dernière aisément visible (si l’on excepte Uranus et Neptune qui exigent des jumelles ou un télescope pour leur repérage). Située de l’autre côté du Soleil, donc assez loin, elle ne présente en ce moment pas trop d’intérêt à être observée au télescope. Jetez quand même un œil dessus pour constater à quel point son disque presque plein renvoie une lumière intense. C’est que cette autre voisine est entourée de perpétuels nuages blancs.

Les étoiles filantes, toujours fidèles au poste

Pendant toute la nuit, prenez aussi le temps de regarder le ciel au hasard, à l’œil nu. Entre mi-juillet et mi-août, la Terre traverse comme chaque année le sillage de la comète Swift-Tuttle. Les innombrables poussières laissées par cet astre entrent dans l’atmosphère à grande vitesse et s’échauffent au point d’être désintégrés. Cela forme les étoiles filantes, des trainées lumineuses éphémères toujours spectaculaires à voir. Ces bolides peuvent surgir en n’importe quelle portion du ciel et à n’importe quelle heure. Une chaise longue ou un carré de pelouse sur lequel s’allonger constitue sans aucun doute le meilleur instrument pour les apercevoir ! Bonnes Nuits des étoiles.

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