Le journal de Thomas Pesquet (9) : Sport d’altitude

Test d'effort. © ESA
L'astronaute de l’ESA Thomas Pesquet doit s’envoler en novembre 2016 vers la station spatiale internationale et séjourner six mois à bord. Une mission pour laquelle il s’entraîne depuis deux ans. Chaque mois, il raconte les coulisses de cette préparation aux lecteurs de « Ciel & Espace ».

Épisode 9 : Sport d’altitude

Je viens de passer à Houston ma qualification de radioamateur. Pendant ma mission, je pourrai donc discuter en direct depuis l’ISS avec toutes sortes de gens, partout sur Terre ! La compétence de radioamateur n’est pas nécessaire au travail des astronautes, mais certains se prennent au jeu et consacrent une partie de leur temps libre à ces conversations (un bien grand mot, d’ailleurs, puisque la communication n’est possible que le temps du passage de la station dans le ciel, soit une dizaine de minutes).

Les agences spatiales classent cette activité dans ce qu’on appelle l’outreach, autrement dit la communication vers le public. Les interventions dans les médias en font partie, de même que les réseaux sociaux, les conférences, ou encore les visites dans les écoles. J’aime bien rencontrer les jeunes, spécialement les petits, car ils nous posent parfois des questions qu’on ne s’était soi-même pas posées. L’un d’eux m’a demandé récemment : “Qu’est-ce que vous faites si quelqu’un meurt dans la station spatiale ?” Bonne question, ce n’est pas vraiment prévu ! Et d’ailleurs, comment rapatrier un corps en Soyouz ?

Une santé sous haute surveillance

Évidemment, notre santé est suivie de près. Nous faisons tous les ans une visite médicale de deux jours. Le check-up est complet : audition, vision (notamment vision de nuit), prises de sang, analyse d’urine, test d’effort avec électrocardiogramme, tensiomètre et spiromètre (qui mesure la capacité pulmonaire), mesure de notre vitesse de réaction, force, équilibre, souplesse. Tout y passe ! Début mars, j’ai aussi eu droit cette année à une IRM du cerveau, et l’on a mesuré ma densité osseuse sur certaines zones du squelette. Ces données serviront de référence pour être comparées à celles réalisées après ma mission de six mois dans l’espace.

“L’entraînement impose 4 heures de sport par semaine. Un vrai plaisir”. © ESA

Au-delà de ces mesures médicales, c’est la forme physique générale qui est évaluée. Nous devons faire au minimum quatre heures de sport par semaine. Pour certains, comme moi, c’est un plaisir. Même si c’est parfois difficile à caser dans nos emplois du temps. Luca Parmitano s’est ainsi lancé le défi de faire un Ironman, et le Britannique Timothy Peake [qui rejoindra l’ISS fin 2015, NDLR] veut courir le marathon de Londres depuis la station, sur un tapis roulant ! Je n’ai pas encore choisi mon défi, mais une idée me trotte dans la tête : j’aimerais bien imaginer un jeu sportif 3D, qui exploiterait toutes les possibilités de l’apesanteur. Ce sera plus facile lorsque je serai dans l’ISS. À suivre !

Encore une difficile séance d'entraînement pour nos astronautes... © ESA

 

Découvrez l’épisode 10 du journal de Thomas Pesquet : Secourisme et petits plats.

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