L’Europe va construire le moteur de la capsule américaine Orion

La capsule Orion, propulsée par un module de service européen. Crédit : ESA/D. Ducros

La Nasa et l'ESA ont signé un accord selon lequel l'Europe fournira le module de service propulsant la capsule Orion pour un premier vol automatique autour de la Lune dès 2017.

Annoncé le 16 janvier 2013, il constitue une première car jamais les États-Unis n'avaient confié à d'autres pays la responsabilité de réaliser le moindre élément des vaisseaux devant acheminer leurs astronautes dans l'espace.

L'acquis de l'ATV
Le module de service, qui sert de moteur mais aussi de réserve d'oxygène et de source d'énergie à la capsule Orion, sera dérivé des technologies acquises par l'ESA pour son cargo automatique ATV (Automated Transfer Vehicle).

Après trois vols de ravitaillement de la Station spatiale internationale (ISS), l'ATV a démontré sa fiabilité. Un succès qui a convaincu la Nasa.

Cet élément est très important, surtout dans une mission lunaire. Il joue le même rôle que le module de service des vaisseaux Apollo et l'on se souvient de la gravité de la situation engendrée par l'explosion de ce dernier lors du vol d'Apollo 13 vers la Lune en 1970. L'équipage n'avait été sauvé que grâce à l'utilisation du moteur du module lunaire, non prévu pour propulser la caspule Apollo vers la Terre.

Orion et son module de service construit par l'ESA. Crédit : Nasa

Ci-dessus, le plan du vaisseau Orion avec la localisation du module fourni
par l'ESA (ESA Service Module). Crédit : Nasa.

Une première mission autour de la Lune en 2017 ?
Les deux partenaires ont également annoncé qu'un premier vol de la capsule Orion propulsée par le module de service européen aurait lieu en 2017. Baptisé Exploration Mission-1, ce test a pour but d'envoyer le vaisseau, sans astronaute, contourner la Lune et le faire revenir sur Terre. Il suivra un test spatial de la capsule Orion sans son module de service, déjà prévu en 2014 et propulsé par une fusée DeltaIV Heavy.

La mission de 2017 suppose cependant que le nouveau lanceur lourd de la Nasa, le SLS, soit prêt puisque c'est lui qui devrait expédier Orion hors de l'orbite terrestre. Le module de service européen servirait, une fois la Lune contournée, à donner une impulsion pour renvoyer Orion vers la Terre. Il ne serait pas utilisé pour un freinage et une insertion sur orbite lunaire, le but n'étant que de contourner la Lune en tir balistique, à la manière des vaisseaux automatiques Zond lancés par la Russie à la fin des années 1960 où de la mission touristique proposée par Space Adventures.


La vidéo ci-dessous détaille ce vol sui se terminerait par un retour sur Terre de la capsule à la vitesse de 11 km/s, une vitesse jamais atteinte depuis le retour de la mission Apollo 17 en décembre 1972.

Un vol habité après la Lune
La Nasa indique par ailleurs qu'après ce contournement de la Lune, une deuxième mission (Exploration Mission-2) emporterait quatre astronautes sur orbite autour de la Terre. Ce nouveau test sera sans doute conditionné à la réussite du premier. Dans tous les cas, l'ESA devra fournir un premier module de service dans les délais et la Nasa devra réussir à assembler sa gigantesque fusée dans les mêmes délais. Un pari qui n'est pas gagné d'avance.

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