Insight, nouvel avant-poste scientifique sur Mars

Crédit : Nasa
La sonde américaine Insight a réussi son atterrissage sur la planète rouge. Ce 26 novembre 2018, elle s’est posée en douceur dans la plaine d’Elysium. Elle doit fonctionner pendant deux ans pour sonder l’intérieur de Mars à l’aide d’un sismomètre.

Les traditionnelles sept minutes de terreur, passage obligé de tout vaisseau qui veut se poser sur Mars, se seront finalement déroulées sans anicroche pour Insight. La sonde de la Nasa, lancée en mai 2018, est arrivée comme prévu à près de 20000 km/h dans la fine atmosphère martienne. Pendant trois minutes, son bouclier thermique l’a freinée et protégée de la chaleur extrême (1500°C) due au frottement intense avec l’enveloppe gazeuse de la planète rouge. Puis, son parachute s’est déployé et, trois minutes plus tard, ses rétrofusées se sont allumées pour lui permettre de prendre contact en douceur avec le sol rocailleux et aride de la plaine volcanique d’Elysium, non loin de l’équateur martien, à 20 h 46 (heure légale française).

Insight a visé un site assez proche de celui du rover Curiosity (560 km). © Nasa.

Comme prévu, le premier signal d’Insight depuis la surface martienne a été reçu sur Terre à 20 h 54, avec huit minutes de retard (en raison du temps de parcours des ondes radio entre les deux planètes, séparées de 146 millions de kilomètres).

Un nouveau paysage martien attendu

La sonde américaine s’est posée dans une plaine dépourvue de reliefs, à quelque 560 km au nord de l’endroit où se trouve actuellement le rover Curiosity. La première image des environs, plutôt monochrome, est arrivée peu de temps après l'atterrissage et a montré le paysage aux alentours : un horizon très plat vu à travers un objectif encore protégé par son cache transparent, lui-même couvert de poussières. Ce cache sera ensuite éjecté afin que la caméra prenne des clichés nets, en couleurs.

La première image du sol de Mars envoyée par Insight montre un paysage plat, à travers un objectif chargé de poussières. © Nasa.
Le site d'atterrissage de la sonde Insight sur Mars (dans l'ellipse) se trouve dans une région plate, sans relief spectaculaire. © Nasa.

Déploiement complet

Insight a atteint la surface sans encombre, mais elle doit encore s’installer. Pour cela, elle doit déployer ses deux panneaux solaires en forme d’éventails. L’opération devrait être réalisée 4 h 30 après l’atterrissage. Les opérations scientifiques pourront alors commencer. Et elles devraient durer au moins deux ans.

Écouter battre le cœur de Mars

Au cours des prochaines semaines, Insight utilisera son bras robot pour déposer à la surface de Mars un sismomètre très sensible construit par la France (par l’intermédiaire du CNES). Cet instrument sera capable d’enregistrer les petits séismes de la planète — s’il s’en produit —, tout comme les secousses dues à des chutes de météorites. L’analyse des ondes sismiques propagées par ces phénomènes nous renseignera sur la structure interne de Mars, jusqu’à son noyau. Cela permettra de mieux comprendre l’histoire géologique de la planète et, peut-être de mieux cerner comment, alors qu’elle ressemblait à la Terre voici 4,5 milliards d’années, elle est devenue aujourd’hui un désert aride et peu actif.

Un autre instrument aura pour but de creuser un forage jusqu’à 5 m de profondeur, tout au long duquel des capteurs mesureront la chaleur qui s’échappe du sol. Cela donnera une indication sur le niveau d’activité tectonique actuel de la planète.

Pour en savoir plus sur l'ensemble de la mission d'Insight, regarder la vidéo de la conférence du géophysicien Philippe Lognonné, l'un des responsables scientifiques de la mission.

Recevez Ciel & Espace pour moins de 6€/mois

Et beaucoup d'autres avantages avec l'offre numérique.

Voir les offres

Nous avons sélectionné pour vous

  • Au télescope, observez Valles Marineris sur la planète Mars !

    La planète Mars est maintenant au plus près de la Terre. Cette configuration exceptionnelle va durer pendant tout le mois d’octobre. Alors profitez-en pour l’observer au télescope. Même un instrument de diamètre relativement modeste permet de voir de beaux détails.

  • Des doutes sur la découverte de phosphine dans les nuages de Vénus

    De la phosphine a-t-elle vraiment été détectée sur Vénus ? Tandis que certains astrophysiciens débattent de son hypothétique origine biologique, d’autres — qui se sont penchés en détail sur les données — doutent carrément de sa présence. Le survol de Vénus par la sonde Bepi-Colombo, le 15 octobre 2020, peut-il trancher le débat ?

  • Retour sur la Lune en 2024 : la Nasa précise son calendrier

    La Nasa entend poser à nouveau des hommes sur la Lune, et pour la première fois une femme, à l’horizon 2024. L’agence américaine vient de dévoiler le rétroplanning de son ambitieux programme, nommé Artémis