IM-1, la nouvelle mission automatique qui part à l’assaut de la Lune

L’atterrisseur de la mission lunaire privée IM-1. © Intuitive Machines
Un atterrisseur de plus de 4 m de haut, conçu par une entreprise américaine privée, doit décoller le 15 février de Floride à bord d’une fusée Falcon 9 pour gagner les abords du pôle sud lunaire.

Les lancements de sondes automatiques américaines vers la Lune s’intensifient. Après l’infortunée Peregrine en janvier, et avant le rover Viper à la fin de 2024, c’est au tour de IM-1 (pour Intuitive Machines 1) de décoller. Son atterrisseur Odysseus doit s’élancer du pas de tir 39A du centre spatial Kennedy le 15 février 2024 à 1 h 05 (7 h 05 heure française) à bord d’une fusée Falcon 9 de la société privée Space X. Intuitive Machines est aussi une société privée à laquelle la Nasa a confié la mission d’atterrir dans le cratère de 69 km de diamètre Malapert A, situé à environ 300 km du pôle Sud lunaire. Cette mission est en effet la deuxième d’une série appelée CLPS (Commercial Lunar Payload Services) dans laquelle l’agence spatiale américaine délègue à des opérateurs privés la maîtrise d’œuvre de sondes automatiques d’exploration, en prélude au programme lunaire habité Artemis.

Atterrissage près du pôle Sud lunaire

Si tout se passe bien, une fois satellisée autour de la Terre sur une orbite très elliptique (185 x 60000 km), IM-1 devrait utiliser le moteur principal d’Odysseus pour se diriger vers la Lune. Cinq à six jours plus tard, ce même moteur sera allumé de façon automatique au-dessus de la face cachée de la Lune (sans communication avec la Terre), pour procéder à son insertion en orbite lunaire à 100 km d’altitude. Une journée supplémentaire devrait être employée avant que les manœuvres de descente vers la surface ne commencent. Atterrissage prévu le 23 février 2024, idéalement à la vitesse de 1 m/s.

Malapert A (point rouge) est un cratère de la face visible, distant de 300 km du pôle Sud lunaire (en bas au centre). © LROC Quickmap.

Le module Odysseus, d’une masse initiale de 1908 kg, mesure 4,3 m de haut pour 1,6 m de diamètre. Il transporte 130 kg de charge utile répartis en plusieurs instruments de la Nasa, la plupart étant destinés à des mesures ou des tests techniques en vue du programme Artemis — par exemple, une caméra doit évaluer pendant la descente comment le moteur principal expulse les poussières lunaires.

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Les aurores boréales, dossier spécial du Ciel & espace 593

Mais des charges privées se trouvent aussi à bord. Comme un revêtement thermique de la marque de vêtements de sport Columbia et dont l’efficacité pourrait être intéressante dans les missions spatiales pour protéger les réservoirs de carburant. Quant à l’Eaglecam, mise au point par l’un des cofondateurs d’Intuitive Machines, elle devrait assurer le spectacle : cette petite caméra doit être larguée lorsque le vaisseau sera à 30 m au-dessus de la surface lunaire pour filmer l’atterrissage !

Alimenté par des panneaux solaire situés sur ses flancs, Odysseus doit pouvoir fonctionner tant que le Soleil est levé sur son site d’atterrissage.

Tout cela, c’est si la mission se déroule bien. Or, avec Peregrine, puis avec SLIM, la Lune s’est chargée de rappeler que la conquérir n’est jamais facile.

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