Fin de la mission Herschel : un premier bilan

Vue d'artiste du télescope spatial Herschel. ©ESA/C. Carreau.

Après trois ans de service, le télescope spatial européen Herschel vient d'épuiser son réservoir d'hélium liquide, utilisé pour refroidir ses instruments. Désormais aveuglé par son propre rayonnement thermique, il a terminé sa mission.

Le plus grand télescope jamais envoyé dans l'espace (3,5 m de diamètre) a réalisé 35 000 observations du ciel en infrarouge pendant 25 000 heures, dans le cadre de 6000 programmes scientifiques. Il faudra plusieurs années pour exploiter une telle quantité d'informations. Mais quelques images fortes se distinguent déjà.

Les galaxies sous un œil neuf

Le 14 juin 2009, un mois après son lancement, Herschel effectue sa première lumière (sa première observation, pour un télescope) sur la galaxie des Chiens de chasse M51.

Sa vision en infrarouge en offre un portrait très différent de ce que les télescopes au sol perçoivent de M51 dans le visible. Les nuages froids, sombres dans le domaine visible, deviennent brillants sous l'œil de Herschel.

Début 2013, Herschel produit une image de notre voisine, la galaxie d'Andromède M31, montrant les nuages froids dans lesquels se forment des étoiles.

Berceaux stellaires en anneaux, au cœur de la galaxie d'Andromède.
© ESA/Herschel/PACS/SPIRE/XMM-Newton/EPIC/MPE.

Des découvertes dans la Voie lactée

Le satellite européen a consacré une grande partie de la mission à observer les nuages froids de la Voie lactée, véritables pouponnières stellaires. Il offre ainsi une vision métamorphosée de la nébuleuse de l'Aigle M16.

La nebuleuse M 16 vue en infrarouge par le satellite européen Herschel.
© ESA/Herschel/PACS/SPIRE/XMM-Newton/EPIC.

Les fameux piliers vus par le télescope spatial Hubble sont vers le centre en bleu. Dans le domaine visible, Hubble les voit sombres. Dans l'infrarouge lointain, Herschel les voit lumineux.

Ce genre d'observation a permis de détecter les étoiles les plus jeunes connues au sein de la nébuleuse M78. Dans le visible, elles sont cachées derrière des nuages sombres.

Herschel a aussi repéré la présence de comètes autour de plusieurs étoiles, notamment Bêta Pictoris et 61 Virginis.

Du nouveau dans le Système solaire

Quatre-vingt-dix heures consacrées à l'observation du Système solaire ont permis de découvrir des similitudes entre l'eau des comètes de la famille de Jupiter et les océans terrestre. Et tout récemment de retrouver la trace de l'eau de la comète SL9 tombée sur Jupiter en 1994.

Trop chaud pour survivre

L'épuisement de son réservoir de 2300 litres d'hélium, un mois plus tard que prévu, a sonné le glas de Herschel. Le satellite observe à des longueurs d'onde qui n'autorisent pas un fonctionnement en mode dit « chaud », contrairement au télescope spatial Spitzer (lui aussi a court d'hélium).

Herschel observe à partir de 50 microns, une longueur d'onde 100 fois plus longue que celle de la lumière visible, et qui dévoile des régions de l'Univers à -225°C.

Par comparaison, Spitzer peut observer jusqu'à 3,6 microns, ce qui correspond à des régions où il fait environ 500°C. Dans ce domaine, des systèmes de refroidissement passifs alimentés par électricité suffisent.

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