Série « Mars », saison 2, nous aimons, nous vous disons pourquoi

Crédit : National Geographic
Deux ans après le tout premier épisode, la saison 2 de la série « Mars » déboule en France le 11 novembre sur National Geographic Channel. Nous l’avons vue et nous avons aimé. On vous dit pourquoi (sans spoiler).

Bien du temps a glissé sur Mars depuis que les premiers humains y ont posé le pied, en 2033. Après une difficile lutte pour leur survie à la manière de « Seul sur Mars », ces premiers explorateurs ont réussi à établir un petit avant-poste à la surface hostile de la planète rouge. Du coup, le mouvement s’accélère et IMSF (International Mars Science Foundation), la société privée qui a entamé la colonisation de la planète rouge, entreprend de faire croître la communauté qui s’y est installée. Voilà pour le point de départ de la partie fiction de la saison 2 de « Mars ».

Car ce n’est pas tout. Cette série produite sous le label de National Geographic par Ron Howard (« Willow », « Apollo 13 »…) et Brian Grazer contient aussi une partie documentaire. Et c’est son originalité, déjà remarquée dans la saison 1. Les épisodes reprennent donc la même narration dans laquelle alternent le récit de fiction dans un futur proche, joué par des acteurs, et le documentaire bien actuel, en mode reportage.

Une intrigue plus vivante

Nous avions aimé la première saison pour le réalisme des scènes survenant sur la planète Mars. Mais aussi pour l’histoire menée par des personnages crédibles. Toutefois, celle-ci se cantonnait à un registre limité du fait que les membres du premier équipage (six au total) à débarquer sur Mars en 2033 faisaient seuls face à une série d’événements ou de catastrophes qui leur rendaient la vie dure.

La saison 2 commence en 2042. Les premiers colons ont réussi à établir leur habitat dans une grotte, à l’abri des tempêtes de poussières et des rayons cosmiques, et ils accueillent d’autres colons venus exploiter les ressources de la planète. Du coup, les relations entre les « anciens » et les nouveaux multiplient les opportunités d’enrichir le scénario. Au point que cette nouvelle série de six épisodes est d’emblée encore plus intéressante que la première. Clairement, l’intrigue est rendue beaucoup plus vivante par le nombre croissant de personnages et de situations. Et aussi, par l’affrontement de logiques différentes, forcément parfois antagonistes. Mais… On ne vous en dit pas plus.

Dans la partie fiction de la saison 2 de « Mars », ça déménage ! Mais pas que... © National Geographic.

Un documentaire qui change de ton

Côté documentaire, la saison 1 se concentrait beaucoup sur les nouveaux acteurs privés du secteur spatial. En particulier sur Space X, dont le bouillant patron, Elon Musk, a tissé des liens avec Stephen Petranek, auteur du livre, « Comment nous vivrons sur Mars », qui a inspiré la série. Le sujet s’épuisant dès la fin de la saison 1, on attendait avec curiosité quelle évolution allait renouveler cette partie documentaire. Sur ce point, les producteurs ont réussi leur coup, même s’il laisse une impression bizarre. Les reportages s’éloignent cette fois sensiblement de l’exploration spatiale en cours pour se focaliser sur la planète Terre en tant qu’écosystème. Clairement, les sujets abordés sont originaux et leurs traitements très intéressants. En effet, ces séquences très marquées « journalisme d’investigation sur le terrain » véhiculent une bonne part de militantisme en faveur d’ONG (de Greenpeace, notamment) et dénoncent les excès de puissantes sociétés (des compagnies pétrolières, par exemple). Si l’intention est louable, la juxtaposition avec la partie fiction peut laisser sceptique.

Mars, planète de rechange, vraiment ?

Le scepticisme est inspiré par les deux récits parallèles, fiction et documentaire. Faut-il y voir un message selon lequel la Terre est fichue et qu’il est urgent d’aller tout reconstruire sur Mars ? La question se pose bien en ces termes tant Stephen Petranek, inspirateur et conseiller de la production, est convaincu de la nécessité d’essaimer dans l’espace et d’utiliser Mars comme planète de secours en cas de catastrophe planétaire ici-bas. Faut-il au contraire y voir une mise en garde visant à ne pas reproduire sur Mars les erreurs qui ont été largement consommées sur Terre ? Le récit de fiction peut le laisser penser. Ou bien faut-il simplement se désespérer de songer que les mêmes humains, responsables de gros dégâts écologiques sur Terre, ne feront pas mieux sur Mars ?

Au final, « Mars » saison 2 atteint un objectif dont nul ne se plaindra : inviter à la réflexion sur le sens de l’exploration humaine.

 

Le premier épisode de la saison 2 de Mars est diffusé sur la chaîne National Geographic, à partir du dimanche 11 novembre 2018, à 20 h 40. Les cinq épisodes suivants seront diffusés chaque dimanche à la même heure.

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