Que fait l’équipage de la mission privée Axiom-1 dans l'espace ?

Au centre, l'équipage d'Axiom-1 dans l'ISS. Crédit : Nasa TV
Arrivés à bord de la station spatiale internationale le 9 avril 2022, les quatre astronautes de la mission privée Axiom-1 ont moins de 10 jours pour réaliser les quelque vingt-cinq expériences qui motivent leur projet scientifique.

Entre technologie, psychologie et cancérologie, le séjour dans l’espace de l’équipage d’Axiom 1 promet d’être actif. Au point que les quatre hommes de la première mission entièrement privée à destination de la station spatiale internationale (ISS), pourront difficilement être taxés d’être de simples touristes venus admirer la Terre par le hublot. Leur vaisseau Crew Dragon (de Space X), qui a décollé de Floride le 8 avril 2022, les a conduits jusqu’au complexe orbital au terme d’un vol de plus de 20 heures.

Après un amarrage difficile, cet équipage composé de l’ancien astronaute Michael Lopez-Alegria, du pilote Eytan Stribbe et des deux hommes d’affaires Larry Connor et Mark Pathy a été reçu chaleureusement par les sept astronautes déjà présents. Et une fois l’émerveillement passé, il s’est mis au travail. Ses tâches, pendant une dizaine de jours, doivent répondre à différents objectifs qui, selon Christian Maender, le directeur de fabrication et de recherche pour Axiom Space, "éclaireront tout, de la santé humaine aux nouvelles infrastructures” (source : site internet d’Axiom).

De la recherche en médecine

Le premier objectif que se sont données les néo-astronautes est d’identifier les marqueurs de cellules souches cancéreuses. Réalisée en collaboration avec l'université de Californie de San Diego, l’expérience entend profiter de la microgravité pour étudier le développement accéléré des cancers sur les cellules souches. En effet, dans l’espace, les cellules ont tendance à vieillir plus vite, ce qui permet d’étudier des phénomènes lents tels que la propagation des tumeurs.

De la technologie pour les activités spatiales

Dans un autre domaine, une nouvelle méthode d’auto-assemblage va être testée lors de cette mission. Un programme du MIT travaille depuis quelques années sur des tuiles modulaires qui permettent de réaliser toute une gamme de petites constructions spatiales (une pièce supplémentaire sur les stations orbitales ou bien des miroirs paraboliques). Ce premier essai dans l’espace doit vérifier la qualité des liaisons entre les tuiles.

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Un autre outil spatial sera expérimenté pendant ces prochains jours : le photocatalyseur de l’université de sciences de Tokyo. Cet appareil au nom compliqué est un purificateur d’air. Il permettrait une meilleure qualité de l’air au sein de l’ISS en convertissant les composés volatils (et odorants) de l'air en dioxyde de carbone et en eau. Les prochains jours permettront de vérifier les performances du filtre.

Retour sur Terre prévu le 18 avril

Enfin, les quatre hommes se font cobayes pour la recherche biomédicale. À leur retour sur Terre, prévu le 18 avril 2022, ils passeront une série de tests psychologiques, cognitifs et visuels. Ces données seront comparées à des tests effectués avant la mission et viendront compléter un programme qui étudie l’impact des voyages spatiaux sur la santé humaine.

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