Parker Solar Probe offre une vue complète de l’anneau de poussière qui longe Vénus

Autour du Soleil masqué, cette image montre un bout de Voie lactée (à gauche), les planètes Terre, Vénus et Mercure (de gauche à droite), et le tore de poussières de Vénus en diagonale. Crédit : NASA/Johns Hopkins APL/Naval Research Laboratory/Guillermo S
Pour la première fois, l’anneau de poussière qui parcourt l’orbite de Vénus a pu être photographié entièrement. Un cliché réalisé par la sonde Parker Solar Probe de la Nasa.

La sonde solaire Parker Solar Probe, lancée en août 2018, a photographié l’anneau de poussières qui longe l’orbite de Vénus à l’aide de sa caméra à grand champ WISPR. Si de précédentes missions avaient déjà obtenu des images de cet anneau, Parker Solar Probe en a fourni une vision globale, 360° autour du Soleil, pour la toute première fois. Cette image réalisée le 25 août 2019 et son interprétation ont été publiées le 7 avril 2021 par une équipe américaine dans The Astrophysical Journal.

L’existence d’un tel anneau n’est pas une surprise : il y a des anneaux de poussières sur l’orbite de toutes les planètes. « Les planètes sont censées faire le ménage sur leur orbite, mais ce ménage n’est pas total », explique Sean Raymond, du Laboratoire d’astrophysique de Bordeaux. Ainsi, Jupiter, la plus grosse planète du Système solaire, partage son orbite avec les Troyens, deux groupes d’astéroïdes situés aux points de Lagrange de la planète. « Jupiter, comme les autres planètes, domine néanmoins son orbite », reprend l’astrophysicien.

La poussière observée par Solar Parker Probe dessine le plan de l'orbite de Vénus (points rouges).
Crédit : NASA/Johns Hopkins APL/Naval Research Laboratory/Guillermo Stenborg and Brendan Gallagher

On retrouve en fait de la poussière dans tout le plan du Système solaire. Cette poussière zodiacale est visible à l’œil nu lorsque les rayons du soleil s’y reflètent sous la forme d’une lumière zodiacale. Sur l’orbite de Vénus, cette poussière est 10 % plus dense que dans les zones à proximité, et forme donc un tore. C’est lui que Parker Solar Probe a vu.

Des poussières venues de Mars ?

L’origine exacte de cette poussière zodiacale fait encore l’objet de controverses. Selon une première hypothèse, il pourrait s’agir de débris issus de comètes et d’astéroïdes croisant l’orbite de planètes. C’est ce phénomène qui cause les pluies d’étoiles filantes que l’on peut observer sur Terre, quand notre planète croise la trajectoire d’une comète ou d’astéroïdes ayant laissé un nuage de poussière sur leur orbite. Autre hypothèse : de récentes observations de la mission Juno suggèrent que la majeure partie de la poussière zodiacale serait issue de Mars. La planète rouge éjecterait de la matière lors de violentes tempêtes de sable.

Parker Solar Probe a également pour mission d’étudier le vent solaire et son influence sur la poussière zodiacale. Selon l’équipe de la sonde, il existerait une zone où la poussière a été totalement vaporisée par l’intense rayonnement du Soleil. Cette zone pourrait bien être découverte par Parker Solar Probe à mesure qu’elle s’approchera de notre étoile. Ce qui fournirait de précieuses informations pour notre compréhension de la formation du Système solaire.

Recevez Ciel & Espace pour moins de 6€/mois

Et beaucoup d'autres avantages avec l'offre numérique.

Voir les offres

Nous avons sélectionné pour vous

  • Les nuages noctiluques font leur retour au crépuscule

    En juin et juillet, les longs crépuscules d’été réservent souvent une surprise : l’apparition d’étonnants nuages luminescents dans un ciel déjà sombre. Ces formations spectaculaires semblent surtout survenir en période de minimum d’activité solaire, et chacun peut les observer. C'est sans doute la dernière année favorable à leur observation avant 10 ans, donc profitez-en !

  • L’Europe pourrait construire son propre vaisseau spatial

    Serait-il possible de voir des astronautes s’envoler dans l’espace depuis la Guyane au sommet d’une Ariane 6 ? Toute la technologie nécessaire est déjà au point, répond l’étude du CNES présentée le 16 juin 2021 au forum GLEX sur l’exploration spatiale, à Saint-Pétersbourg.

  • Des complications pendant la sortie dans l’espace de Thomas Pesquet

    Au terme de leur sortie dans l’espace, Thomas Pesquet et Shane Kimbrough ne sont pas parvenus à déployer les panneaux solaires. Objectif manqué pour une mission qui a connu plusieurs couacs.