Observez Mars au plus près de la Terre

La planète rouge passe au plus près de la Terre en mars 2012. C'est l’occasion pour tenter d’observer quelques-unes de ses formations remarquables. ©HST/Nasa/ESA.

Cela n'arrive qu'une fois tous les 780 jours: le samedi 3 mars 2012, la planète Mars est en opposition avec le Soleil.

Dès aujourd'hui, elle se présente dans des conditions idéales pour l'observer.

À l'œil nu
Dire que Mars se trouve à l'opposition signifie que, vue depuis la Terre, elle est dans la direction opposée à celle du Soleil. C'est aussi à cette période qu'elle passe le plus près de nous.

Dans cette situation, elle se lève lorsque le Soleil se couche. En tout début de nuit, elle est à 15° de l'horizon est, sous le ventre de la constellation du Lion. Quinze degrés, c'est la largeur de la main bras tendu, poing serré, pouce levé (comme pour l'autostop).

Mars se repère sans difficulté. C'est de loin l'astre le plus brillant de cette région du ciel. De plus, elle se reconnaît à sa teinte orangée, et son éclat fixe par rapport aux étoiles qui scintillent.

Au télescope
En raison de l'orbite elliptique de Mars, la distance à la Terre varie fortement d'une opposition à l'autre. La configuration de 2012 n'est pas des plus favorables de ce point de vue, mais heureusement la planète monte haut dans le ciel en milieu de nuit. C'est à ce moment-là qu'elle est le moins affectée par la turbulence atmosphérique.

Il est conseillé de miser sur un instrument d'au moins 150 mm de diamètre, si possible plutôt 200 mm, et de pousser le grossissement à 300 fois (voire 400 ou 500 x, si les conditions le permettent).

Une calotte polaire de printemps au nord
« Sur Mars, nous sommes un peu avant le solstice d'été dans l'hémisphère Nord. Les dernières traces de glace carbonique se sont vaporisées, il y a quelques semaines. Toute la glace blanche visible au pôle Nord martien est de la glace d'eau », explique l’astronome François Forget, directeur de recherche au Laboratoire de météorologie dynamique.

Cette calotte boréale, bien que réduite, est facilement visible car elle est très contrastée. Si le ciel est suffisamment stable, d'autres détails finissent par apparaître à l'oculaire.

Ci-dessous : une vue de la calotte polaire prise par le télescope Hubble. ©HST/NASA/ESA.

Une fausse calotte polaire au sud
Fin février, début mars 2012, on voit en milieu de nuit le bassin d'Hellas, situé au sud de la planète rouge. C'est un vaste bassin d'impact, qui peut revêtir une couleur claire et apparaître comme une seconde calotte polaire.

« Des nuages sont présents à la limite de la nuit polaire au sud, au-delà de 30-40° S, là ou les masses d'air humide se refroidissent et condensent », note François Forget.

Ci-dessous : Hellas sous la brume vu par Hubble. © HST/NASA/ESA.

De nuages aux sommets des volcans
« Les nuages tropicaux sont à leur maximum. Ils forment une bande sous les tropiques (entre 30°S et 30°N). Dans un télescope, on verra surtout les nuages qui se forment sur les reliefs. La zone de Tharsis sera particulièrement caractéristique avec ses quatre volcans et leurs panaches. C'est un peu comme la saison des pluies sur Terre », ajoute François Forget.

De soir en soir, Mars présente un visage presque identique à une heure donnée car elle tourne sur elle-même en un peu plus de 24 h. Cette zone deviendra bien observable en milieu de nuit à partir du 10 mars 2012.

Ci-dessous : les monts de Tharsis et Olympus vus par Hubble. ©HST/NASA/ESA.

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Pour en savoir plus sur cette opposition martienne, comment l'observer, comment la photographier, retrouvez notre guide d'observation dans le numéro de mars de Ciel & Espace, qui lance ce mois-ci sa nouvelle formule.

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