Observez la belle comète Leonard dans le ciel du matin

Crédit : Damian Peach
La « comète de Noël » semble tenir toutes ses promesses. Attendue depuis plusieurs mois à proximité de la Terre, elle est actuellement bien observable en fin de nuit aux jumelles et pourrait être discernable à l’œil nu dans les prochains jours.

Finalement, la comète C/2021 Leonard semble vouloir briller plus que prévu. Ce qui confirme la nature imprévisible de ces petits astres nébuleux… Mais cette fois, c’est dans le bon sens, puisque ce corps glacé venu des confins du Système solaire sera plus facile à voir. Déjà, elle approche la magnitude 4,3, ce qui dépasse légèrement les prévisions les plus optimistes faites pour le 12 décembre 2021, date de son passage au plus près de la Terre. Il se pourrait donc que, dès les prochains jours, elle soit discernable à l’œil nu, sous un ciel exempt de gêne lumineuse.

Où et quand observer ?

La comète Leonard quitte la constellation du Bouvier pour descendre, jour après jour, vers celle du Serpentaire (Ophiuchus). C’est une chance, car l’étoile principale du Bouvier, Arcturus, est l’une des plus brillantes du ciel. Elle fournit donc un repère facile à trouver, au-dessus de l’horizon est, avant les premières lueurs de l’aube (peu avant 7 h), pour ensuite localiser la comète. La carte ci-dessous vous indique sa position au jour le jour, à partir du 9 décembre.

Localisation de la comète Leonard depuis l'hémisphère Nord, début décembre 2021. © C&E
Localisation de la comète Leonard depuis l'hémisphère Nord, début décembre 2021. © C&E

Comment voir la comète ?

Le mieux est de viser la zone du ciel concernée aux jumelles (pensez au préalable à avoir fait la mise au point sur une étoile). En balayant lentement la voûte céleste, vous découvrirez ce petit astre sous la forme d’un halo nébuleux nettement plus brillant en son centre. Si le ciel est bon, c’est-à-dire sans le halo lumineux d’une ville (même distante de quelques dizaines de kilomètre), sans éclairages urbains et évidemment sans nuage, peut-être parviendrez-vous à voir la comète à l’œil nu, si elle devient assez brillante. Observateurs citadins, vous pouvez tenter votre chance mais avec un fond de ciel clair, ce sera bien plus difficile.

Aux jumelles ou avec une lunette dotée du plus faible grossissement possible (autour de 20x), vous pouvez également, si les conditions le permettent, apercevoir faiblement sa queue de gaz qui s’étend vers le haut, en direction opposée au Soleil (alors sous l’horizon).

Au plus près de la Terre le 12 décembre

Leonard est un petit corps rocheux et glacé de quelques kilomètres de diamètre dont les éléments glacés (l’eau et quelques autres gaz volatils) se subliment sous l’action des rayonnements solaires. C’est ce qui lui donne sa chevelure nébuleuse. Celle-ci est faite de gaz et de poussières qui s’échappent de son sol et qui s’étendent sur des millions de kilomètres, ce qui explique qu’on puisse voir la comète. L’astre passe à 34 millions de kilomètres de la Terre le 12 décembre 2021. C’est aussi à partir de cette date qu’elle devient difficile à voir pour les habitants de l’hémisphère Nord puisqu’elle disparaît progressivement sous l’horizon. Elle peut encore être aperçue mais ce sera très bas et dans les lueurs du jour, ce qui constitue un ensemble de conditions de plus en plus défavorables.

Même si la météo est peu coopérative en cette période de l’année, il est toujours possible de profiter d’une éclaircie passagère. Pour cela, il faut tenter sa chance ! Bonne chasse à la comète.

 

Vous retrouverez tous les évènements célestes de l'année 2022 dans notre Almanach actuellement en kiosques ou sur notre boutique web

Ciel & espace 580, dossier spécial télescope Webb, et l'Almanach du ciel 2022

Recevez Ciel & Espace pour moins de 6€/mois

Et beaucoup d'autres avantages avec l'offre numérique.

Voir les offres

Nous avons sélectionné pour vous

  • Exploration spatiale : que fait l’Europe ?

    A quelques semaines d’une réunion cruciale pour le futur de l’exploration spatiale en Europe, Ciel & Espace publie un hors-série exceptionnel. Présence sur la Lune, accès indépendant à l’espace, exploration robotique de Mars. Nous y faisons le tour des enjeux actuels.

  • Bill Nelson, de la Nasa : « Nous sommes dans une course à la Lune contre les Chinois »

    Participation de l’Europe au programme lunaire Artemis, rapports avec la Russie, concurrence de la Chine : l’administrateur de la Nasa détaille pour Ciel & espace les nouveaux enjeux de l’agence spatiale américaine. Une interview réalisée lors de sa venue à Paris.

  • Anneaux de Saturne : sont-ils nés d’une ancienne lune ?

    Selon des astronomes américains, un satellite aujourd’hui disparu est à l’origine de la formation des anneaux de la planète géante, ainsi que de l’inclinaison de son axe de rotation. Un scénario reposant sur la thèse d’anneaux jeunes, loin de faire l’unanimité.