Les communes autour de Lyon se mobilisent pour faire nuit noire

Pour la 3ème édition de l’événement « La nuit est belle ! » le 23 septembre 2022, plus de trente communes de l’agglomération lyonnaise – mais pas Lyon elle-même – vont s’associer à celle Genève en gardant leur éclairage public complètement éteint.

Aux abords de Lyon dans la nuit du vendredi 23 au 24 septembre, si vous constatez qu’il fait tout noir, c’est normal. Trente-quatre communes de l’agglomération lyonnaise ont annoncé qu’elles participeront à l’édition 2022 de « La nuit est belle ! ». Le concept : ne pas allumer leur éclairage public le temps d’une nuit, afin d’effacer la pollution lumineuse engendrée par les lumières artificielles des villes. Diffusé par l’atmosphère, ce halo est une nuisance pour les astronomes et les amateurs du ciel puisqu’il gomme la lumière des étoiles. Mais aussi pour la biodiversité, flore comme faune, avec en première ligne les insectes et autres espèces animales, batraciens, chauve-souris, oiseaux nocturnes, dont l’activité se concentre la nuit.

Repas aux chandelles

Le long du Rhône et de la Saône, en l’absence de Lune cette nuit-là, profitez-en pour lever les yeux. Vous pourrez constater la meilleure qualité du ciel après quelques minutes d’accoutumance à l’obscurité. Les communes prenant part à l’opération sont indiquées sur le site du Centre de recherche astrophysique de Lyon, qui invite également les commerces à éteindre leurs vitrines et les particuliers fermer leurs volets. Outre l’extinction des feux, des animations sont proposées au public, dont huit pour la seule commune de Brignais.

Balades nocturnes, observations astronomiques, repas aux chandelles, lectures de contes, conférences, elles peuvent être consultées sur le site ou l’application smartphone de l’événement. Pour les instituteurs et leurs élèves, des carnets d’observation sont à disposition décrivant une expérience ludique de comptage d’étoiles avant, pendant, et après le 23 septembre, au sein de constellations connues.

Cliquer sur la carte pour voir les communes participantes (en bleu), ou celles qui pratiquent déjà une forme d'extinction régulièrement (mauve).
© M. Mauger-Vauglin/CARTO

L’agglo sans Lyon

Comme lors de la précédente édition, la ville de Lyon ne participera pas. « Elle dit se consacrer à un autre événement, mais éteindra peut-être quelques monuments », rapportent les organisateurs. Sans nul doute, la lumière issue de la métropole continuera d’être une gêne alentour. « C’est vraiment dommage, mais on ne lâche pas l’affaire pour les prochaines années. Genève compte des centaines de milliers d’habitants et parvient bien à éteindre son éclairage public », commente Isabelle Vauglin, astrophysicienne ayant œuvré pour importer « La nuit est belle ! » en territoire lyonnais.

C’est en Suisse romande qu’est née la manifestation. Pour sa première édition en 2019, 152 communes du Grand Genève s’étaient mobilisées, de part et d’autre de la frontière. Cette année, un minimum de 185 s’y sont engagé, jusque dans le Jura français. En territoire lyonnais aussi, la participation est en hausse. On en comptait 10 seulement, en 2021.  « L’objectif est d’obtenir un jour un corridor complètement éteint de Genève à Lyon », projette Isabelle Vauglin.

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Étoiles et portemonnaies

En partenariat avec l’entreprise Enedis, l’extinction à distance sera ordonnée via les compteurs Linky des armoires d’éclairage public. « Pour les communes qui n’en sont pas équipées, il faut dépêcher du personnel sur place pour reprogrammer les horloges. Ça peut être un frein à leur participation », explique le Syndicat de gestion des énergies de la région lyonnaise (SIGERLy), impliqué dans l’opération. Sur les 52 communes dont il gère l’éclairage, 24 jouent le jeu de la nuit noire.

Après l’astronomie en 2019, la biodiversité en 2021, les économies d’énergie sont le thème central de l’édition 2022. L’occasion pour les organisateurs de rappeler que selon l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), les communes réduisant la durée de leur éclairage s’offrent jusqu’à 30 % d’économie d’électricité. Pour certaines, participer à « La nuit est belle ! », c’est mettre le pied à l’étrier. « À Genève, les deux tiers des communes qui l’ont fait ont opté, où sont en train d’opter, pour une l’extinction régulière [c’est-à-dire toutes les nuits, NDLR] », évalue Isabelle Vauglin. Publics comme privés, les portemonnaies ont de bonnes raisons d’apprécier.

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