Le top 10 des plus belles épaves de l’espace

Vue d’artiste de la sonde Mars 3 et de son petit rover. © Bohemia Interactive
L’exploration du Système solaire, ce n’est pas du gâteau ! Si les succès sont triomphants, les échecs sont, eux, d’autant plus cuisants. Découvrez 10 missions égarées sur Mars, la Lune ou dans l’espace. Dix sondes perdues… ou retrouvées des années après !

10. Nozomi : le coup de la panne

Vue d’artiste de la sonde japonaise Nozomi devant la planète Mars. © Wizualizacja

Nozomi (« espoir » en japonais) est la première sonde envoyée par le Japon vers une autre planète. Elle devait arriver sur Mars le 11 octobre 1999 pour y étudier son atmosphère et surtout pour comprendre pourquoi, aujourd’hui, la majeure partie de celle-ci a disparu. Malheureusement, Nozomi n’atteindra jamais l’orbite idéale pour réaliser ses mesures. Une soupape défectueuse a pompé une part importante du carburant durant son trajet autour de la Terre, laissant la sonde à sec et incapable de se propulser vers la planète rouge.

Préparation de la sonde Nozomi. © Isas/Jaxa

Du coup, l’équipe au sol change de plan : la sonde sera placée sur orbite autour du Soleil pendant quatre ans, ce qui lui permettra de rencontrer la planète rouge en décembre 2003. En 2002, une puissante éruption solaire endommage le système électrique de Nozomi, entraînant le gel des maigres réserves de carburant restantes. Un dernier passage près du Soleil permet toutefois de réchauffer le carburant et d’effectuer une dernière manœuvre. La sonde est placée sur une orbite héliocentrique large, avant l’abandon de la mission. À présent, Nozomi erre entre Mars et le Soleil.

9. Yutu : gelé dans la nuit lunaire

Le rover Chinois Yutu photographié par la sonde lunaire Chang'e 3, en décembre 2013, dans la mer des Pluies. © CAS/NAOC
Le rover chinois Yutu s’éloigne de Chang'e 3 pour explorer la surface de la Lune. © CAS/NAOC

Quand on songe au petit robot chinois, on n’imagine pas immédiatement une épave. Car Yutu, « Lapin de jade » en chinois, a été le premier rover à se poser sur la Lune depuis le Lunokhod 2 soviétique, en 1973. Et les photos prises par la sonde Chang’e 3, qui l’a déposé sur le sol de la mer de Pluies en décembre 2013, le montrent en train de s’éloigner pour mener ses explorations. Sauf que l’engin de 140 kg, prévu pour survivre 90 jours, s’est immobilisé après seulement 41 jours et 114 m parcourus.

Yutu, chargé de démontrer le savoir-faire spatial chinois, devait étudier quelques échantillons de sol lunaire à l’aide de 20 kg d’instruments scientifiques. S’il a survécu à une première nuit lunaire (de deux semaines) et a repris sa route le 11 janvier 2014, il tombe vite en panne. Le 25 janvier, peu avant que ne débute une nouvelle nuit lunaire, les équipes au sol ne parviennent plus à le déplacer. De plus, un court-circuit dans son unité centrale empêche sa mise en hibernation. Au matin du troisième jour lunaire, la Terre devait recevoir une communication du rover qui n’est jamais venue. Le contact a été rétabli avec le rover à plusieurs reprises, mais sans qu’il soit possible de le sortir de sa léthargie. Yutu est déclaré hors service le 14 avril 2013.

En parallèle, la sonde Chang’e 3, qui a parfaitement fonctionné, a pu mettre en évidence en 2015 la présence un nouveau type de roche lunaire.

8. Surveyor 4 : atterrissage sans douceur

Enveloppe commémorative du lancement de Surveyor 4. DR

Personne ne sait exactement ce qui est arrivé à Surveyor 4. La sonde américaine lancée le 14 juillet 1967 a perdu le contact avec la Terre à peine 2,5 secondes avant de se poser sur la Lune, trois jours plus tard. Similaire à Surveyor 3, qui s’était posée dans l’océan des Tempêtes et qui allait recevoir la visite de l’équipage d’Apollo 12 en novembre 1969, elle est peut-être intacte, quelque part au milieu de la face visible de la Lune, dans le golfe Central.

La Nasa suppose que l’une des fusées à poudre destinées à la freiner au moment de l’atterrissage a explosé. À ce jour, Surveyor 4 n’a pas été formellement retrouvée sur les clichés à haute résolution de Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) qui couvrent la totalité de la surface lunaire. Toutefois, le planétologue canadien Philip Stooke, auteur de l’ouvrage « The International Atlas of Lunar Exploration », a trouvé dans les images de LRO, une trace d’impact qui pourrait correspondre à une arrivée brutale de l’engin (ci-dessous). Il avance : « Une tache noire pourrait être l’atterrisseur, soit posé sans dommage, soit écrasé à faible vitesse de telle sorte qu’il n’a pas fait un cratère évident avec des éjectas. Une tache sombre plus petite, à 200 m de la première, pourrait être la rétrofusée. Cette distance est similaire avec les autres impacts de rétrofusées par rapport aux atterrisseurs qui se sont posés avec succès. »

Est-ce Surveyor 4 sur ces images de Lunar Reconnaissance Orbiter ? © Nasa/GSFC/Arizona State University

Difficile de voir si Surveyor 4 est un amas de ferraille ou si elle est à peine endommagée. Peut-être, dans le futur, d’autres photos plus résolues de LRO permettront-elles de trancher sur le sort de cette épave mystérieuse.

7. Phobos 1 et 2 : doublé perdant pour Mars

Dessin d’une sonde Phobos. © Lavochkin-Association

En juillet 1988, l’URSS lance à cinq jours d’intervalle les sondes Phobos 1 et 2 à destination de la planète Mars. Les deux engins doivent aussi étudier de près son plus gros satellite, Phobos, un corps patatoïde de 22 km de long.

Après deux mois de voyage dans l’espace, Phobos 1, partie en premier, reste silencieuse. Cela tombe pile à un moment critique : le changement du centre de contrôle terrestre. Pour le déménagement, une grande partie des commandes ont été transférées sur la sonde. Malheureusement, un ingénieur aurait oublié un chiffre dans le code du programme, entraînant un arrêt complet des systèmes de positionnement. Sans repère et sans énergie solaire, les fonctions vitales de la sonde s’arrêtent lentement. Après plusieurs tentatives pour reprendre le contrôle de Phobos 1, toutes sans succès, la mission est déclarée perdue en novembre 1989.

Phobos 2 connaît un destin tout aussi funeste. Alors que la sonde s’est placée sans encombre sur orbite martienne, l’équipe découvre une faille majeure dans le système de contrôle de vol. Malgré tout, elle tente des manœuvres nécessaires à l’obtention des premières données. Phobos 2 n’a transmis que quelques images avant que la communication ne se rompe. Elle est en réalité prise de mouvements qui la font tourner sur elle-même, sans qu’il soit possible d’en déterminer la cause. Désaxée et donc sans énergie solaire pour l’alimenter, la sonde se refroidit inexorablement jusqu’à l’arrêt complet de ses fonctions vitales. La mission de Phobos 2 est déclarée terminée en mars 1989.

A priori, les deux sondes Phobos errent, toujours intactes, autour de Mars ou ailleurs…

6. Venera 4 : chaud dedans !

Maquette de la sonde Venera 4 (« Vénus » en russe). © Rave/Venera-Program

Venera 4 est la première des sondes soviétiques lancées dans le but d’atteindre le sol de notre mystérieuse voisine, Vénus. Elle quitte la Terre le 12 juin 1967 et parvient le 18 octobre à pénétrer l’irrespirable atmosphère vénusienne. La sphère de 380 kg déploie un parachute pour freiner sa descente et transmet les toutes premières informations sur les nuages de Vénus : la pression y est 20 fois plus forte que sur la Terre et « l’air » est composé à 90 % de gaz carbonique. Il y fait en outre plus de 274 °C.

Mais à 24 km du sol, tout contact est perdu. L’engin n’a pas résisté aux conditions infernales dont elle a donné un aperçu par ses premières mesures. La mission est considérée comme un succès par l’URSS. Et compte tenu des informations récoltées, c’est en partie vrai. Toutefois, Venera 4 devait « renifler » l’air de Vénus jusqu’au moment de toucher le sol. Or, lorsque la pression atmosphérique a approché les 20 bars, sa coque blindée a cédé, la transformant aussitôt en épave. Elle a atteint le sol probablement déjà hors d’usage.

Maquette de l’atterrisseur de la mission russe Venera 4. DR

Selon Thomas Widemann, spécialiste de Vénus à l’observatoire de Paris, l’extérieur n’a pas subi ensuite plus de dommages que ceux causés par son arrivée brutale sur Vénus. Cependant, « l’intérieur a rapidement été envahi par l’air ambiant, du fait de la rupture des joints de pression. Tout le matériel que l’enveloppe doit protéger a dû fondre ou se vaporiser dans l’atmosphère dans les jours qui ont suivi », précise l’astronome. Aujourd’hui, Venera 4 n’est donc plus qu’une carcasse privée de ses entrailles, subsistant sous une pression de 90 bars et surchauffée à près de 500°C, selon les informations recueillies par Venera 7, qui a réussi à atteindre le sol en état de fonctionnement en 1970.

5. Mars 3 : perdue dans la tempête

Vue d’artiste de la sonde Mars 3 (qui n’a pas fonctionné) et de son petit rover à ski (qui n’est jamais sorti). © Bohemia Interactive

À la fin de l’année 1971, après le naufrage de la sonde Mars 2 — premier engin terrien à atteindre le sol de Mars… sous forme de miettes —, les espoirs russes d’atterrir sur la planète rouge ne reposent plus que sur la sonde suivante, Mars 3. Mi-décembre, l’atterrisseur en forme de soucoupe volante amorce sa descente vers la planète rouge. Un parachute et des rétrofusées empêchent le module d’une tonne de s’écraser au sol. Visiblement, il touche le sable martien sans encombre. Il y déploie alors ses pétales pour étendre ses antennes de communication. Mais les transmissions tournent court. Au bout d’une vingtaine de secondes, Mars 3 devient muette. Elle n’a transmis que des données partielles de la première photo d’un paysage martien, du coup indécryptable. L’immense tempête de sable comme Mars en connaît régulièrement est-elle responsable de l’échec ? Difficile à dire.

Première (et dernière) image de la planète rouge vue par Mars 23 avant sa panne. DR

Le revers est d’autant plus dur que Mars 3 emportait avec elle le premier rover martien, 25 ans avant la Nasa et son Mars Pathfinder. Prop-M, c’était son nom, consistait en une boîte noire de 4,5 kg juchée sur des skis. Attaché à Mars 3 par un câble ombilical de 15 m, il aurait dû cheminer parmi les roches et prendre des photos de la planète tous les 1,5 m en sautant par-dessus les obstacles grâce à ses skis. Ce lointain ancêtre de Curiosity devait être déployé par un bras articulé de la sonde... Au lieu de cela, il est probablement demeuré intact à bord de l’épave.

L’histoire de Mars 3 ne s’arrête pas là. En 2013, la sonde Mars Reconnaissance Orbiter immortalise ce qui pourrait être les restes de la mission russe. Un groupe de chercheurs pense avoir identifié le parachute et les rétrofusées.

Les vestiges supposés de Mars 3, identifiés par plusieurs chercheurs sur une photo de MRO. © Nasa/JPL-Caltech/univ. of Arizona

4. Beagle 2 : croisière interrompue

Illustration du module britannique Beagle 2 à la surface de Mars, ses panneaux solaires déployés. © ESA

Beagle 2 devait aller chercher des traces de vie, actuelles ou passées, sur Mars. Un objectif ambitieux pour ce petit module construit pour le compte de l’ESA par un groupe d’universitaires anglais, sous la direction du planétologue Colin Pillinger. Ce serait la femme de celui-ci qui lui aurait soufflé le nom, en hommage au célèbre navire qui emporta Charles Darwin dans un tour du monde.

Après un lancement réussi en juin 2003, et une croisière sans histoire, Beagle 2 arrive en vue de la planète rouge le 19 décembre 2003. Il se sépare de son transporteur, l’orbiteur européen Mars Express, et commence sa plongée vers la surface. Il ne doit reprendre contact avec la Terre qu’une fois posé. Le signal est un morceau du groupe britannique Blur, composé en 1999 et portant le même nom que la sonde anglaise. Mais à l’heure prévue : silence radio. Beagle 2 est-il abîmé à l’atterrissage ? Ou bien est-il victime d’une panne ? Impossible de le savoir, car aucune donnée n’a été transmise lors de la descente. Beagle 2 est déclaré en perdition sur Mars début 2004.

Onze ans après sa disparition, en 2015, Beagle 2 a finalement été photographié par Mars Reconnaissance Orbiter, mettant fin au mystère de sa disparition. La sonde est échouée sur Mars dans un ancien bassin d’impact appelé Isidis Planitia. Sur la photo, on reconnaît bien la forme particulière de la sonde. Elle n’a visiblement pas subi de gros dommages, mais ses panneaux solaires ne sont pas tous déployés, sans que la cause soit identifiée.

Beagle 2, retrouvé sur une photo de Mars Reconnaissance Orbiter, dans le bassin Isidis Planitia. © Nasa

3. Luna 23 : couchée dans la poussière

Luna 23 avait une mission ambitieuse : forer le sol lunaire et déposer ses échantillons dans une capsule qui, après avoir décollé, allait les véhiculer sur Terre. Lancée en novembre 1974, elle fait un voyage sans encombre. Mais les choses se compliquent lors de l’alunissage dans la mer des Crises, une zone pourtant peu accidentée. La sonde soviétique frappe le sol lunaire trop vite, le choc la déstabilise et elle tombe sur le côté. L’engin n’a évidemment pas les moyens de se redresser et reste allongé... L’équipe scientifique peut toujours communiquer avec lui, mais sans pouvoir l’aider. Luna 23 ne pourra jamais finir sa mission.

Deux ans plus tard, Luna 24 arrive sur la Lune à seulement 2,3 km de l’épave de Luna 23. Elle réussit à collecter des échantillons et à les envoyer vers la Terre. Mais, dépourvue de caméras, elle ne photographie pas son infortunée sœur jumelle. Pour cela, il faudra attendre 2012, que la sonde américaine LRO prenne des photos à haute résolution depuis 29 km d’altitude et immortalise son aînée soviétique en position latérale… pas vraiment de sécurité.

La sonde Luna 23, retrouvée à la surface de la Lune. © Nasa/GSFC/Arizona State Universitygende

2. Schiaparelli : une erreur de 3000 m

Vue d’artiste du module Schiaparelli et de son parachute. © ESA

Il est 14 h 42, le 19 octobre 2016. L’atterrisseur Schiaparelli, de la mission européenne Exomars, traverse à toute vitesse la fine atmosphère martienne. Trois minutes plus tard, le parachute s’ouvre comme prévu, mais le module accuse quelques turbulences. Schiaparelli continue sa descente vers Mars. L’étape suivante du protocole se déroule sans encombre, le bouclier frontal se sépare du module et l’ordinateur de bord calcule son altitude. Au moment de la mesure, une perturbation frappe encore l’atterrisseur et l’ordinateur intègre une donnée négative, comme si l’atterrissage a déjà eu lieu… alors que Schiaparelli est encore à 3000 m d’altitude. Les rétrofusées s’arrêtent. La sonde tombe à plus de 150 m/s. Le parachute ne pourra pas suffisamment ralentir le module qui s’écrasera 5 minutes, à 14 h 47, laissant une grande trace dans la poussière rouge.

Les traces de l’impact du module Schiaparelli retrouvées par MRO.
© Nasa/JPL-Caltech/University of Arizona

Malgré la perte du module d’atterrissage, son compagnon, l’orbiter ExoMars Trace Gas Orbiter (TGO) continue toujours sa mission avec succès, à savoir l’étude de l’origine du méthane dans l’atmosphère martienne.

1. Philae : trois petits bonds et puis s’arrête

Vue d’artiste du module européen Philae à la surface de la comète Chury. © ESA

Pour l’Europe, l’atterrissage du petit module Philae à la surface de la comète Churyumov-Gerasimenko (alias Chury) a des accents de premier alunissage. Le 12 novembre 2014, toutes les chaînes d’information en continu relaient les sept heures que dure la descente de l’engin, grossièrement un cube de 80 cm de côté, depuis qu’il a été éjecté de la sonde Rosetta, placée en orbite autour de Chury. Quand parvient à la Terre la confirmation que les trois pieds métalliques ont bien touché la surface glacée de la comète, c’est la joie au centre de contrôle situé à Darmstadt, en Allemagne. Mais bien vite, la situation devient confuse : Philae communique, mais par bribes. Et on ne comprend pas pourquoi les premières images qu’il envoie sont illisibles. En fait, l’engin a rebondi, car ni son propulseur à azote, ni ses harpons destinés à l’ancrer au sol n’ont fonctionné.

Vidéo recréant l’atterrissage difficile de Philae.

Après un vol de 1000 m au cours duquel il touche à une autre fois la comète, Philae s’immobilise enfin. Mais il est bloqué sur le côté. Coincé entre des rochers acérés et à l’ombre, il ne parvient pas à recharger ses batteries grâce à ses panneaux solaires. Il exécute une partie de ses tâches, mais certains prélèvements se font dans le vide. Au bout de quelques heures, privé de courant, il plonge dans un sommeil qui durera sept mois. À la faveur d’un meilleur ensoleillement, Philae et Rosetta communiquent brièvement pour transmettre les maigres données collectées à la Terre. Mais il est clair que le module qui devait observer les changements à la surface d’une comète pendant des semaines, voire des mois, est déjà dans un coma partiel qui fait de lui une épave. Alors que Chury s’éloigne du Soleil, Philae reste muet, à jamais figé dans le froid spatial.

En 2016, Rosetta finit par photographier son compagnon malchanceux dans une position alambiquée, l’une de ses trois pattes en l’air, au milieu des rochers. Les quelques photos envoyées par Philae depuis la surface de la comète (une première) laissent de sa mission un sentiment de succès magnifié par son atterrissage rocambolesque. Mais celle-ci s’est réduite à quelques heures et n’a pas atteint tous ses objectifs. La faute aux dispositifs d’ancrage qui n’ont pas fonctionné. Philae n’échappe donc pas à son statut de vaisseau en perdition qui finit en épave. Sans doute la plus spectaculaire de toutes.

Le module Philae coincé entre deux rochers, retrouvé par la sonde Rosetta. © ESA
Philae photographié par la sonde Rosetta en septembre 2016. © ESA/Rosetta/MPS pour Osiris Team
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