Le JWST vise le cœur de la nébuleuse d’Orion

La célèbre nébuleuse d’Orion a été pointée par le télescope spatial James Webb ce 11 septembre. Résultat : une vue inédite de son cœur à une précision record !

La reconnaissez-vous ? Le James Webb Space Telescope (JWST) a tourné son regard vers la plus grande région de formations d’étoiles visible depuis l’hémisphère Nord. Située à 1350 années-lumière, parfaitement discernable à l’oeil nu, la nébuleuse d’Orion est une cible de choix pour les astronomes qui cherchent à percer le mystère de la naissance du Soleil. Quantité de petites étoiles semblables à lui s’y forment. La nébuleuse Messier 42, ou M42, est aussi l’un des objets célestes préférés des astronomes amateurs.

La nébuleuse d'Orion (par Hubble) et la zone visée par le JWST. Crédit : Nasa/Esa/M. Robberto

Ici, c’est plus précisément la « barre d’Orion » que l’on peut contempler. Ce mur de gaz dense et de poussières au cœur de la nébuleuse est soumis à l’intense rayonnement ultraviolet d’un groupe de jeunes étoiles massives, l’amas du Trapèze, qui l’érode peu à peu. Sa proximité et son orientation parfaite par rapport à la Terre en font un laboratoire prisé pour observer la façon dont le rayonnement des étoiles les plus chaudes agit sur le gaz interstellaire – provoquant ici la naissance d’autres étoiles, ou là la destruction de molécules.

Cette vue infrarouge a été réalisée par l’instrument Nircam dans 11 filtres entre 1,4 et 4,8 microns. © Nasa/ESA/CSA/PDRs4All ERS Team

Sur la vue ci-dessus, les étoiles du Trapèze ne sont pas visibles (elles sont en haut à droite de l’image). L’étoile la plus brillante est la discrète θ2 Orionis A (à peine visible à l’œil nu sous un très bon ciel), qui illumine le gaz tout près d’elle.

À ces longueurs d’onde, la poussière est moins opaque. Conséquence : le JWST révèle mieux la structure filamenteuse de la barre que ne l’avait fait Hubble dans le domaine visible (voir ci-dessous), jusqu'à la précision record de 40 UA. Il montre aussi beaucoup plus d’étoiles qui étaient masquées par la poussière. Et il parvient à sonder les cocons ou de très jeunes étoiles forment des disques où naissent des planètes. Deux sont visibles sur la portion du ciel visée par le JWST. Grâce à Hubble, les astronomes en ont recensé 180 à travers toute la nébuleuse.

La barre d’Orion vue dans le visible par Hubble et dans l’infrarouge par le JWST.
La barre d’Orion vue dans le visible par Hubble et dans l’infrarouge par le JWST. © Nasa/STScI/Rice Univ./C.O’Dell et al. ; Nasa/ESA/CSA/PDRs4All ERS Team

L’étude spectroscopique de la région par le Webb devrait bientôt révéler son extraordinaire richesse chimique. Pour découvrir les objectifs de l'étude de la barre d'Orion avec le JWST, écoutez ce podcast avec l'astrophysicienne Emilie Habart.

 

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