Le journal de Thomas Pesquet (4) : Gros bras

Le bras Canadarm2, utilisé pour déplacer les astronautes autour de l’ISS. © Nasa
L'astronaute de l’ESA Thomas Pesquet doit s’envoler en novembre 2016 vers la station spatiale internationale et séjourner six mois à bord. Une mission pour laquelle il s’entraîne depuis deux ans. Chaque mois, il raconte les coulisses de cette préparation aux lecteurs de « Ciel & Espace ».

Épisode 4 : Gros bras

Je sais désormais manipuler le bras robot de la station, l’imposant Canadarm 2 et ses 17 m de long. J’ai passé tout le mois de septembre au centre spatial de Houston pour m’initier à son pilotage. C’est un équipement important, sans lequel beaucoup de choses seraient difficiles, voire impossibles à faire à l’extérieur de l’ISS. À l’ESA, j’avais déjà eu un entraînement sur un simulateur de bras robot “générique”. Histoire de me familiariser avec ce genre de pilotage — pas du tout intuitif ! — où nos repères dans l’espace sont modifiés. J’avais aussi suivi une formation théorique auprès de l’agence spatiale canadienne, qui l’a construit.

Mais cette fois, les conditions étaient plus réalistes. Nous avons répété des situations que nous serons amenés à vivre dans la station, pour lesquelles le bras est utilisé en support de sorties extravéhiculaires (pour déplacer les astronautes dans des zones difficiles à atteindre, par exemple). Il me restera à apprendre à capturer les modules qui ravitaillent l’ISS, comme Dragon ou Cygnus.

Un vaisseau cargo Dragon, capturé par le bras robot de l’ISS. © Nasa

Le bras se pilote avec deux joysticks : l’un qui commande les mouvements de rotation, et l’autre, les mouvements de translation. Un peu comme dans un cockpit d’avion de ligne, il faut deux personnes pour le piloter : l’une est aux manettes, et l’autre prend en charge les procédures, les communications avec le centre de commande au sol. Elle surveille aussi les écrans qui permettent de suivre le mouvement du bras. Pour ça, deux paires d’yeux valent mieux qu’une !  

Responsable “support-vie”

Mon mois à Houston a aussi été l’occasion de passer tous mes examens sur les systèmes de l’ISS. Il y a trois niveaux de qualification : utilisateur (on doit le passer pour tous les modules de la station), opérateur (indispensable pour travailler dans un module) et spécialiste (là, on est capable de réparer ce qui casse !). J’ai été désigné comme “spécialiste” pour les systèmes de support-vie. Lors de ma mission en 2016, je devrai être capable de réparer tout ce qui concerne l’oxygène, l’eau, le gaz, et je serai responsable de la maintenance des scaphandres.

Dans l’ISS, il faudra savoir tout réparer ! © Nasa

Dans mon planning (fixé pour les deux ans qui viennent), il y avait une semaine de vacances au tout début du mois d’octobre. J’en ai profité pour faire quelques heures de vol en Europe avec Air France, car j’aimerais conserver ma licence de pilote de ligne ! Rendez-vous en décembre.

 

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