L’Europe était idéalement située lorsqu’une éjection de masse coronale solaire a touché la Terre dans la nuit du 19 au 20 janvier 2026. Le plasma éjecté le matin même a foncé vers nous à plus de 1000 kilomètres par seconde ! Cette rapidité atypique a pris beaucoup d’observateurs par surprise. D’autant que le spectacle dans le ciel a été plus intense qu’attendu, car les aurores gardent malgré tout un caractère imprévisible.
Une aurore visible de la Bretagne jusqu’aux Alpes
La météo en France était inégale selon les régions, mais quelques zones étaient dégagées dans le Nord, la Bretagne, l’Alsace et les Alpes. Pendant toute la première partie de la soirée, l’indice Kp était à son maximum sur une échelle de 0 à 9. Cet indicateur mesure l’intensité des perturbations du champ magnétique terrestre.
Du vert à l’œil nu !
Les observateurs en France attestent avoir nettement perçu les couleurs, notamment le rouge. C’est le signe d’un évènement majeur. Plus étonnant encore, plusieurs d’entre eux signalent avoir nettement perçu la coloration verte. Si elle ressort souvent en photo proche de l’horizon, elle est plus rarement perçue à l’œil nu sous nos latitudes.
« La France avait des petits airs de Laponie ce 19 janvier au soir, avec des rideaux verts très lumineux et colorés à l’œil nu (la neige en devenait verte, elle aussi) », témoigne Emmanuel Beaudoin, parti dans les Vosges pour en profiter.
En début de soirée, Olivier Meekers, pilote de ligne, a pu l’observer depuis le cockpit de son avion en vol d'Alger à Bruxelles. Dès le Golf du Lion le phénomène était visible !
« C’était un spectacle incroyable en Bretagne. Les aurores étaient visibles à l’œil nu avec une belle coloration verte. C’est incroyable en France », raconte Alexandre Croisier.
Ci-dessous un time lapse de l'aurore réalisé par Alexandre Croisier.
La plus belle aurore depuis 2024
Cet évènement se classe entre celui du 10 mai 2024 et du 10 octobre 2024 en termes d’intensité. C’est donc une aurore majeure, et elle montre la vigueur de ce cycle solaire. Celui-ci varie sur une période de 11 à 12 ans en moyenne. Le précédent maximum d’activité solaire avait été relativement calme. Il faut donc remonter au début des années 2000 pour retrouver un tel enchainement d’aurores boréales visibles depuis la France.
Cet épisode est par ailleurs intéressant par son côté tardif dans le cycle. Le maximum du cycle a eu lieu en mois d’août 2024. Depuis, l’activité a diminué, mais reste relativement soutenue. Elle devrait logiquement amorcer un déclin plus marqué en milieu d’année. Il reste donc encore quelques mois devant nous avec des aurores possibles à nos latitudes. Le mois de mars en particulier est intéressant ; il correspond au moment où la Terre passe dans le plan équatorial du Soleil. Cette configuration favorise les tempêtes géomagnétiques intenses.
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