La nébuleuse planétaire de la Lyre, alias M 57, l’un des objets célestes les plus photographiés par les astronomes, livre encore ses secrets. Une équipe utilisant le télescope de 4,2 m William Herschel sur l’île de La Palma, aux Canaries, a découvert une étonnante « barre de fer » qui traverse la bulle de gaz en expansion. Roger Wesson (University College London et Cardiff University) a mis à profit un spectrographe installé sur le télescope pour révéler cette structure rectiligne composée d’atomes de fer ionisés.
Pour le scientifique, qui a dirigé les observations, celle-ci demeure un mystère. Dans The Monthly Notices of the Royal Society, où l’équipe publie ce résultat, Roger Wesson et ses collègues se bornent à préciser ce que la structure découverte n’est pas. Ainsi, les astronomes excluent qu’il puisse s’agir d’un jet en provenance de la naine blanche qui siège au centre de la nébuleuse. Le résidu stellaire se trouve d’ailleurs légèrement hors de l’axe de la barre, dont les astronomes retrouvent les contours sur une image prise par le JWST.
Que s’est-il passé dans la nébuleuse planétaire ?
Alors, d’où viennent ces atomes de fer ? Pour le chercheur, deux scénarios semblent possibles. Le premier ferait appel à des mécanismes encore inconnus d’éjection de matière par l’étoile qui a formé la nébuleuse. Le second invoque la vaporisation d’une planète rocheuse lors de l’expansion de la nébuleuse.
Il convient en effet de rappeler que M 57, distante d’environ 2500 années-lumière, s’est formée par l’expulsion dans l’espace de l’enveloppe d’une géante rouge, une étoile arrivée en fin de vie. Au centre de cette enveloppe gazeuse qui poursuit son expansion, reste ce qui était le cœur de l’étoile, un petit astre de la taille de la Terre, mais très chaud, qu’on appelle une naine blanche. Les atomes de fer ont donc pu être expulsés que l’enveloppe stellaire a commencé à s’étendre 7000 ans plus tôt ou bien être arrachés à une planète tellurique par les gaz de l’enveloppe en train d’échapper à la géante rouge.
Pour Janet Drew, de UCL, coauteur de la découverte : « Définitivement, nous devons en apprendre plus — notamment si d’autres éléments chimiques coexistent avec le fer découvert, ce qui nous dirait probablement quels types de modèles favoriser. Actuellement, cette information importante nous manque. »
