La Lune au plus près de nous

NASA
Ce lundi 14 novembre 2016, la Pleine Lune sera légèrement plus grande que d’habitude dans le ciel, d’où une appellation trompeuse de Super-Lune. Il est pourtant nécessaire de garder les pieds sur terre avant de l’observer, sans quoi vous serez dépités !

À tous ceux qui s’attendent à observer ce soir une « Super-Lune » : nous allons refroidir un peu la fièvre de votre attente. Non, la Lune ne va pas subitement grossir et emplir le ciel de sa lumière. Elle se contente juste de se rapprocher un peu de la Terre : à environ 356 509km le 14 novembre à 12h22, et ce n’est déjà pas si mal ! Du coup, son diamètre apparent dans le ciel est supérieur à la moyenne.

Le centre comme référence

Mais ce qu'oublient la quasi-totalité des médias traitant du sujet, c'est qu'il s'agit d'une éphéméride géocentrique. C'est-à-dire qu'elle est valable pour un observateur qui se situerait... au centre de la Terre. Or nous sommes en surface, et ça change tout car cette surface tourne ! Si bien qu'en réalité, depuis la France, nous sommes au plus près de la Lune non pas le 14 novembre, mais le 15 vers 0h55 heure locale à une distance de 351 503 km.

La variation de taille apparente de la Lune est due à la forme légèrement elliptique de son orbite : sa distance à la Terre varie sans cesse. Sa trajectoire alterne ainsi apogées (la Lune au plus loin de la Terre) et périgées (au plus près), comme ce lundi 14 novembre 2016. La distance qui nous sépare de la Lune passe ainsi de plus de 405 000km à quelque 356 000km (distance entre les centres de la Terre et de la Lune).

Un phénomène imperceptible à l’œil nu

Il faut garder à l’esprit que la variation de taille apparente dans le ciel entre une Pleine Lune à l’apogée et une Pleine Lune au périgée ne dépasse pas 14%. C’est trop peu pour qu’un observateur à l’œil nu constate une différence avec une Lune habituelle. En revanche, un photographe peut comparer ses clichés précédents et, s’ils sont pris à la même distance, vérifier aisément la variation du diamètre lunaire.

Par conséquent, le phénomène de variation de diamètre apparent de la Lune en fonction de sa place sur son orbite est en théorie discernable à l’œil nu (voir photo ci-dessous), mais est en pratique impossible à percevoir. Tout simplement parce qu’on ne peut avoir conscience d’un si petit changement d’aspect à un intervalle d’un mois ou de plusieurs mois.

Comparaison entre la Lune à l’apogée (à gauche) et au périgée (à droite). © L. Laveder/C&E

Profitons tout de même de l’instant. Surtout pour sa rareté : la Lune, qui n’avait pas été aussi près de nous depuis le 26 janvier 1948, ne s’approchera pas davantage avant 2034 !

Pour admirer notre compagne céleste sous sa belle clarté, regardez vers le nord-est ce 14 novembre aux alentours de 18h30, heure légale. Les photographes pourront profiter de sa faible hauteur : l’horizon renforce l’impression de grandeur, si on intègre dans le cadre un point de référence terrestre pour accentuer l’effet.

Ne confondez pas avec une illusion d’optique bien connue

Paradoxalement, à l'œil nu, vous aurez l'impression que la taille apparente de la Lune est plus importante lorsqu’elle se lève, qu’en milieu de nuit quand elle est au plus haut dans le ciel. Et pourtant, en raison de la rotation de la Terre, vous serrez plus éloigné de la Lune dans le premier cas que dans le second : la différence est de 1,4%.

En fait, notre cerveau est victime d'une illusion d'optique. Lorsque la Lune se lève, il compare sa taille à des repères familiers du paysage à l'horizon, et nous lui donnons ainsi plus d'importance que lorsqu'elle est perduue dans une immensité sombre. Par ailleurs, pour des raisons physiologiques encore mal comprises, la perception des tailles apparentes n'est pas la même selon que l'on regarde devant soi ou vers le haut.

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