La Lune à 100 km, en 3D depuis la capsule Apollo

Gros plan sur les cratères Alphonse et Arzachel depuis le module de commande d'Apollo 16. Crédit : LPI

Le troisième homme des missions Apollo, celui qui ne marchait pas sur la Lune, restait en orbite, à observer la surface lunaire.

Au cours des trois derniers voyages, Apollo 15, 16 et 17, le module de service était équipé d'un appareil photo à haute résolution, appelé « Metric Camera ». Cet appareil photographiait de manière systématique les régions survolées.

Nous avons donc récupéré ces images et assemblé en anaglyphes celles qui montrent des régions similaires sous deux angles différents.

Les relief de la Lune en 3D

Pour le plaisir, survolez la Lune, avec ses paysages saisissants de relief, un peu comme a pu la voir le troisième homme des missions Apollo. L'altitude est d'environ 100 km.

La plupart des photos étaient prises à la verticale des zones survolées. D'autres étaient prises avec un angle notable qui donne de la perspective.

Toutes ces images sont en relief et nécessitent, pour être pleinement appréciées, des lunettes rouge et bleu, comme celles qui sont fournies avec le numéro de novembre de Ciel & Espace, “L’Univers en 3D”.

Site d'Apollo 15 en 3D. Crédit : LPI (3D : P. Henarejos)

La chaîne des Apennins et la rainure de Hadley. C'est dans ce "golfe" de basalte, au pied des monts Hadley (haut de 3800 m au nord) et Hadley Delta (haut de 2800 m au sud) qu'a atterri le module lunaire Falcon en juillet 1971.

Cratère lunaire Théophile vu par le CSM d'Apollo 16. Crédit : LPI (3D : P; Henarejos)

Lors de la mission Apollo 16, la région d'alunissage du module Orion était à la même latitude que le grand cratère Théophile (100 km de diamètre). Ce cratère, bien connu des astronomes amateurs, est ici partiellement visible sur le bas de l'image. Sa profondeur est d'environ 3000 m. Un pic central s'élève à 1400 m au-dessus du fond du cratère.

Site d'atterrissage d'Apollo 16. Crédit : LPI (3D : P. Henarejos)

Cette image montre la région de Descartes où s'est posé le module Orion, lors de la mission Apollo 16. Le site d'atterrissage est visible au centre, juste au nord d'un minuscule cratère entouré d'un halo clair, baptisé South Ray. Les astronautes Young et Duke ont gravi les collines qui se trouvent juste à droite de ce cratère grâce à leur rover.

Cratères Halley, Hind, Ritchey et Albatenius par Apollo 16. Crédit : LPI (3D : P. Henarejos)

Survol du grand cratère Albategnius (rempli de lave en bas à gauche) dans les hautes terres situées dans l'hémisphère Sud de la Lune. Les trois cratères alignés sur le haut de l'image, au fond encore dans l'ombre, sont, de gauche à droite : Halley, Hind et Ritchey. Tout en haut, la partie plate remplie de lave est le cratère Hipparque.

Sur la face cachée, les cratères Valier, Tiselius et Safarik. Crédit : LPI (3D : P. Henarejos)

Le module de commande d'Apollo 16 bénéficiait d'un bel éclairage sur cette région de la face cachée où l'on voit les cratères Valier (67 km de diamètre, en bas au centre), Tiselius (en bas à droite) et Safarik (en haut à droite).

Catena Mendeleev, sur la face cachée de la Lune. Crédit : LPI (3D : P. Henarejos)

Sur la face cachée de la Lune, au fond du grand cratère à fond plat Mendeleev, la metric camera d'Apollo 16 a réalisé cette vue plongeante sur une chaîne de petits cratères. Celle-ci court sur environ 70 km et a sans doute été produite par la chute d'une comète ou d'un astéroïde fragmenté en plusieurs morceaux qui se suivaient dans l'espace.

Catena Davy et Ptolémée par Apollo 16. Crédit : LPI (3D : P. Henarejos)

A 650 km à l'ouest du site d'atterrissage du module Orion, le module de commande d'Apollo 16 est passé à la verticale de la chaîne de cratères Davy, créée par une succession d'impacts vraisemblablement dûs à un même corps fragmenté. A droite, la partie plate est le fond du cratrès Ptolémée, bien connu des astronomes amateurs.

Mare Cognitum et Eculide D par Apollo 16. Crédit : LPI (3D : P. Henarejos)

La mer de la Connaissance (Mare Cognitum) est bordée à l'ouest par les monts Riphaeus, qui s'étendent sur 150 km. Avec l'éclairage rasant du Soleil, de nombreuses failles de compression apparaissant sur la surface de l'étendue basaltique. La cratère isolé, tout au centre, est Euclide D (aussi appelé Eppinger). Il mesure 6 km de diamètre. Le mât qui gêne un peu la vision, est une antenne du module de service d'Apollo 16.

L'océan des Tempêtes par Apollo 16. Crédit : LPI (3D : P. Henarejos)

Le rivage sud-ouest de l'océan des Tempêtes est découpé par plusieurs grands cratères dont le fond a été rempli de lave. C'est le cas du cratère Letronne, partiellement visible en bas à gauche, qui mesure 119 km de diamètre et qui forme aujourd'hui un golfe ouvert au nord. Dans le coin en haut à droite, le cratère isolé est Wichmann. il mesure 9,5 km de diamètre.

Cratère lunaire Letronne par Apollo 16. Crédit : LPI (3D : P. Henarejos)

La partie ouest du cratère Letronne, partagé en deux dans l'axe nord-sud par la dorsale Rubey. Le petit cratère Letronne B (sur le bord droit) mesure 5,2 km de diamètre.

Face cachée de la Lune par Apollo 16. Crédit : LPI (3D : P. Henarejos)

Lors du départ vers la Terre, alors de le vaisseau d'Apollo 16 s'éloignait de la Lune avec les trois astronautes réunis à son bord, la metric camera continuait à photographier la surface de la Lune. Ici, peu de temps après l'allumage des moteurs, c'est la face cachée qui est majoritairement visible. En haut à droite, les deux mers sont à la limite de la face visible. il s'agit des mers de Smyth et Marginale.

Le cratère Mohorovicic par Apollo 17. Crédit : LPI (3D : P. Henarejos)

Au cours de sa première révolution autour de la Lune, Apollo 17 passe pour la première fois au-dessus de la face cachée. La metric camera est mise en marche. Parmi les premiers clichés, celui-ci, montrant le cratère Mohorovicic (50 km de diamètre), au milieu d'un terrain chaotique.

Cratère lunaire Aitken par Apollo 17. Crédit : LPI (3D : P. Henarejos)

Sur la Lune, Aitken n'est pas seulement un gigantesque bassin d'impact situé au pôle Sud. C'est aussi un cratère de 115 km de diamètre dont le fond est rempli de lave solidifiée. C'est l'une des rares mers lunaires de la face cachée, photographiée ici par Apollo 17.

Taurus-Littrow par Apollo 17. Crédit : LPI (3D : P. Henarejos)

La vallée de Taurus-Littrow, sur le bord oriental de la mer de la Sérénité, but de la mission Apollo 17 a été survolée à de nombreuses reprises. Cette vue permet de voir le contexte environnant le site, avec le cratère Vitruvius, large de 29 km, en bas à droite du cliché.

Mer de la Sérénité et cratère Le Monnier par Apollo 17. Crédit : LPI (3D : P. Henarejos)

Sur cette vue oblique, c'est une bonne partie du rivage oriental de la mer de la Sérénité qui est visible. Le golfe rempli de lave, au centre, est le cratère Le Monnier. Il mesure 60 km de diamètre. En 1973, le robot mobile soviétique Lunokhod 2 s'est posé dedans et a parcouru plus de 31 km. Le site d'Apollo 17 se trouve juste en dehors du champ, en bas à gauche de l'image.

Rimae Sulpicius Gallus par Apollo 17. Crédit : LPI (3D : P. Henarejos)

Au sud de la chaîne des Apennins, se trouve une petite mer baptisée le Lac de la Félicité. Apollo 17 l'a survolé à plusieurs reprises. La cratère visibles en bas à droite, appelé Bowen, ne mesure que 8 km de diamètre.

Cratère Aitken, sur la face cachée de la Lune, par Apollo 17. Crédit : LPI (3D : P. Henarejos)

Une autre vue sur la cratère Aitken, sur la face cachée.

Depression Ina, par Apollo 17. Crédit : LPI (3D : P. Henarejos)

Cette autre vue sur le lac de la Félicité a été prise un peu plus tard. L'éclairage du Soleil est moins rasant et permet de voir, à gauche de l'image, un étrange cratère en forme de D, au sein d'une étendue plate de basalte. Il s'agit en réalité d'une formation assez mystérieuse, baptisée Ina, qui n'a pas d'origine météoritique. C'est vraisemblablement une zone "éruptive" de la Lune. De temps à autre (à l'échelle géologique), des émanations de gaz s'en échapperaient, ce qui mdofierait son aspect. Pour repère, le cratère Bowen avec ses 8 km de diamètre, en bas à droite, donne l'échelle.

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