L’Europe embarque vraiment dans le programme lunaire américain

Crédit : ESA
L’Agence spatiale européenne (ESA) a signe avec la Nasa une lettre d’intention qui indique quelle devrait être sa part dans le programme lunaire Artemis. Au programme : construction de modules et astronautes européens autour de la Lune.

Thomas Pesquet marchera-t-il sur la Lune après 2024 ? Avec la signature, le 27 octobre 2020, d’une lettre d’intention entre l’ESA et la Nasa, cette perspective se rapproche un peu plus. Cet accord préliminaire, conclu par Jan Woërner, directeur de l’ESA, et Jim Bridenstine, administrateur de la Nasa, définit les contours d’une participation européenne au programme lunaire américain Artemis. Et, entre autres choses, il prévoit que trois astronautes européens pourront prendre place à bord des vaisseaux Orion en direction de notre satellite naturel.

Une contribution européenne importante

En fournissant les modules de service des capsules Orion des deux premières missions Artemis l’Europe occupe déjà une place essentielle dans la future exploration lunaire. Le premier exemplaire est déjà intégré à son vaisseau pour Artemis 1 qui consistera, fin 2021 ou début 2022, à contourner la Lune sans équipage.

L’accord signé entre les deux agences confirme cette contribution et indique aussi que l’ESA fournira deux des modules de la station spatiale Gateway qui devrait être assemblée en orbite lunaire. L’un d’eux est l’un des habitats dans lequel les astronautes séjourneront durant leurs missions. L’autre, appelé ESPRIT, servira à la fois de nœud de télécommunications et de station-service permettant à divers vaisseaux (par exemple les atterrisseurs lunaires) de refaire le plein de carburant. Celui-ci disposera en outre d’une baie vitrée pour l’observation de la Lune (et des levers de Terre !) sur le modèle de Cupola, qui équipe déjà la Station spatiale internationale (ISS).

Les différentes contributions, dont celles de l'ESA, à la station en orbite lunaire Gateway. Crédit : ESA.

Des astronautes européens autour de la Lune

L’accord stipule enfin que trois places seront attribuées à des astronautes européens pour des missions à bord de la station Gateway. A ce stade, aucun communiqué de l’ESA ou de la Nasa ne précise, en revanche, si ces astronautes européens pourraient prendre place dans un module lunaire pour aller jusqu’à la surface. Toutefois, si le programme Artemis se prolonge, une telle perspective ne semble pas improbable.

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