Ingenuity fait un 100 mètres sur la planète Mars

Ingenuity vu pendant son 3ème vol par la caméra de navigation gauche du rover Perseverance. Crédit : NASA/JPL-Caltech
Pour son troisième vol à la surface de la planète Mars, le drone Ingenuity a effectué un aller-retour de deux fois 50 mètres. Deux autres vols sont encore planifiés pour l’hélicoptère, qui enchaine les succès.

Jamais deux sans trois. L’hélicoptère Ingenuity a réussi ce week-end son troisième vol à la surface de Mars. Dimanche 25 avril 2021, 33 minutes après le midi local, ses deux hélices contrarotatives se sont mises à tourner pour élever l’engin à une altitude de 5 mètres, comme c’était le cas pour son deuxième vol. Mais cette fois-ci, le premier vaisseau capable de décoller de la surface d’une autre planète s’est incliné pour entamer un déplacement horizontal de 50 mètres, à altitude constante. Puis l’engin de la mission Mars 2020 a fait demi-tour pour revenir se poser en douceur à son point de départ. Pendant ce vol de 80 secondes, une vitesse maximale de 2 m/s (soit 7,2 km/h) a été atteinte.

Ingenuity a accompli ici une première. Les ingénieurs du Jet propulsion lab (JPL) de la Nasa ne pouvaient pas simuler un trajet si long dans la chambre qui leur sert à reproduire la faible densité de l’atmosphère martienne.

Un premier film du troisième vol d’Ingenuity a été réalisé par Perseverance. Le rover était à quelque soixante mètres de la zone de décollage, un compromis entre sécurité en cas de perte de contrôle d’Ingenuity et poste d’observation suffisamment proche. Il doit envoyer dans les prochains jours d’autres vidéos afin de de visualiser le reste du parcours d’Ingenuity. Pour l’heure, l’hélicoptère sort du champ de la caméra Mastcam-Z de Perseverance, pour y revenir quelques secondes plus tard, comme en témoigne la vidéo ci-dessus.

Prises de vues en plongée et prochains vols

En plus de sa caméra de navigation en noir et blanc, Ingenuity est équipé d’un appareil photo en couleur, employé depuis son vol numéro 2. Les premières photos du sol martien prises en plongée ont depuis été publiées par la Nasa. On y aperçoit les traces de roues laissées par Perseverance, après avoir déposé l’hélicoptère sur le sol de la planète rouge, le 4 avril, soit six semaines après le début de sa mission.

Dans les prochains jours, le JPL, qui pilote Ingenuity, conduira deux autres vols comme prévu selon le plan initial de la mission. Gagner davantage en altitude et atterrir sur un site différent du décollage font partie des nouveaux objectifs.

Côté français, les scientifiques de l’IRAP (Institut de recherche en astrophysique et planétologie) à Toulouse, opérateurs de l’instrument SuperCam à bord de Perseverance, souhaitent allumer son microphone pour entendre les prochains vols d’Ingenuity. Sans garantie toutefois que le niveau sonore soit suffisant pour atteindre Perseverance. La finesse de l’air martien – dont la pression est 100 fois plus faible que sur Terre – et sa composition riche en gaz carbonique sont autant de caractéristiques qui ne favorisent pas la propagation du son.

Photo prise par la caméra couleur d’Ingenuity pendant son vol à 5,2 m d'altitude au-dessus du sol martien. © Nasa/JPL-Caltech

 

Disponible en kiosque ou sur notre boutique en ligne

Recevez Ciel & Espace pour moins de 6€/mois

Et beaucoup d'autres avantages avec l'offre numérique.

Voir les offres

Nous avons sélectionné pour vous

  • Les nuages noctiluques font leur retour au crépuscule

    En juin et juillet, les longs crépuscules d’été réservent souvent une surprise : l’apparition d’étonnants nuages luminescents dans un ciel déjà sombre. Ces formations spectaculaires semblent surtout survenir en période de minimum d’activité solaire, et chacun peut les observer. C'est sans doute la dernière année favorable à leur observation avant 10 ans, donc profitez-en !

  • L’Europe pourrait construire son propre vaisseau spatial

    Serait-il possible de voir des astronautes s’envoler dans l’espace depuis la Guyane au sommet d’une Ariane 6 ? Toute la technologie nécessaire est déjà au point, répond l’étude du CNES présentée le 16 juin 2021 au forum GLEX sur l’exploration spatiale, à Saint-Pétersbourg.

  • Des complications pendant la sortie dans l’espace de Thomas Pesquet

    Au terme de leur sortie dans l’espace, Thomas Pesquet et Shane Kimbrough ne sont pas parvenus à déployer les panneaux solaires. Objectif manqué pour une mission qui a connu plusieurs couacs.