Echec de la fusée européenne Vega-C qui perd les satellites Pléiades Neo 5 et 6

Gauche : Vega-C le 13 juillet 2022. Droite : position de la fusée le 20 décembre. © ESA-CNES-Arianespace/CSG/S.Martin
Pour son premier vol commercial, la fusée Vega-C de l’Agence spatiale européenne n’est pas parvenue à mettre Pléiades Neo 5 et 6 sur orbite. Les deux satellites sont perdus.

Le dernier-né des lanceurs européens est mal né. Le 20 décembre 2022 à 22h47 à Kourou, la fusée Vega-C a décollé de Guyane. À 100 km d’altitude près de 4 minutes après le décollage, les données de télémétrie ont indiqué une déviation de trajectoire par rapport à celle qui était prévue. Culminant à 110 km d’altitude, le lanceur aurait ensuite chuté en direction de l’océan Atlantique qu’il survolait alors. Dix minutes après le décollage, le président d’Arianespace Stéphane Israël a pris la parole depuis le Centre spatial guyanais. Il a confirmé que la mission VV22 était perdue, et il a présenté ses excuses à ses clients : les entreprises Defence and Space et Pléiades Neo.

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En cause dans l’accident : le deuxième étage – sur trois – de la fusée Vega-C. Baptisé Zefiro-40, le propulseur à poudre fabriqué par l’entreprise italienne Avio aurait été victime d’une forme de dépressurisation, dès t + 144s. Plusieurs minutes plus tard, tandis que Vega-C poursuivait sa descente, l'ordre destruction de la fusée a été donné par le CNES, selon la procédure standard. Les débris engendrés sont retombés en mer à quelque 750 km au nord de la Guyane française.

Troisième échec en 3 ans

Cet échec est d’abord un coup dur pour Arianespace. Sur les 9 derniers lancements effectués depuis 2019, le lanceur léger de l’ESA a subi 3 échecs. Celui du 20 décembre 2022 concerne la plus récente version, Vega-C, augmentée pour mettre 3,3 tonnes en orbite basse au lieu de 2,3 tonnes. Vega-C avait réussi son vol inaugural le 13 juillet 2022 avec à son bord un satellite scientifique italien et six cubesats. Cette fois-ci, le vol était qualifié de « commercial » dans la mesure où sa charge utile était celle d’un client externe.

Sous sa coiffe, les satellites Pléiades Neo 5 et 6 étaient les deux derniers d’une constellation vouée à observer la Terre à haute résolution à des fins civiles et militaires. Un nombre de satellites trop faible empêche de revisiter la même surface du globe fréquemment, un critère primordial pour la multitude de constellations de satellites qui fleurissent à travers le monde. Attendue également pour palier une défaillance survenue sur Pléiade Neo 3, la paire de satellites ne pourra pas accomplir sa mission. D’après le site Spacetrak, Airbus Defence & Space avait souscrit une assurance pour ses deux engins. En plus d’en être le fabriquant, elle est également l’opérateur de la constellation Pléiades Neo.

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