Comment le milliardaire Richard Branson va s’approcher de l’espace avec le Spaceship 2

Crédit : Virgin Galactic
Pour le Britannique, patron de Virgin Galactic, qui égrène les jours depuis le 2 juillet sur son compte Twitter, l’attente touche à sa fin. Dimanche 11 juillet vers 15h30, heure française, il va réaliser le rêve peu commun d’aller dans l’espace lors de ce 22e vol d’essai du Spaceship 2 Unity.

Le patron du groupe Virgin aura finalement bien préparé son affaire puisqu’il va coiffer au poteau, d’une dizaine de jours, l’autre milliardaire lancé dans le tourisme spatial, Jeff Bezos. Ce dernier, fondateur de Blue Origin, pensait en effet pouvoir être le premier à s’envoler à la frontière de l’espace le 20 juillet 2021 grâce à sa fusée New Shepard. Mais le Britannique, sans doute plus opportuniste, va tenter de concrétiser dès ce week-end un rêve qu’il attend depuis 17 ans. Son entreprise, Virgin Galactic, a en effet été fondée en 2004). Si tout va bien, il prendra place dimanche 11 juillet dans son avion-fusée Spaceship 2 pour une excursion aux frontières de l’atmosphère terrestre.

Trajectoire du vol du Spaceship 2. © Virgin Galactic

Pour doubler Jeff Bezos, il fallait toutefois à la société privée une autorisation de la FAA (Federal Aviation Administration), l’équivalent américain de la DGAC (Direction générale de l’aviation civile), afin de pouvoir transporter un passager civil, en l’occurrence le fondateur. Le précieux sésame a été accordé le 24 juin. Soyons bien clair : ce vol, appelé Unity 22, ne signifie pas encore l’ouverture des premières lignes commerciales suborbitales. Celles-ci ne sont pas attendues avant 2022.

Un vol d’essai avec passagers

Il s’agit encore d’un vol d’essai destiné à tester l’appareil en configuration avec passagers. Les trois personnes qui s’installeront dans la cabine au côté de Richard Branson et des pilotes d’essai Dave Mac Kay et Michael Massucci, font partie de Virgin Galactic : Beth Moses est l’instructrice en chef des futurs « Space Flight Participants », Sirisha Bandla et Colin Bennett sont respectivement vice-président chargé des affaires gouvernementales et ingénieur opérations. Si leur rôle consiste, entre autres, à évaluer les équipements de la cabine, celui de leur « grand patron » sera de livrer son ressenti « pour améliorer le futur voyage de tous les clients astronautes ».

L'équipage de la mission Unity 22, de gauche à droite : Dave Mackay, Colin Bennett, Beth Moses, Richard Branson, Sirisha Bandla et Michael Masucci. © Virgin Galactic

Un ressenti attendu

S’il est un habitué des sensations fortes — il a traversé l’Atlantique en ballon en 1986 ou encore la Manche en kite-surf en 2012 —, Richard Branson vivra les mêmes sensations que les pilotes du mythique avion-fusée X-15 quand il s’installera dimanche dans le Spaceship 2. L’engin, acheminé à 13000 m d’altitude sous les ailes d’un avion porteur baptisé White Knight 2, sera largué.

L'avion-fusée Spaceship 2, vu de dessous, sous les ailes de son avion porteur White Knight 2, lors d'un essai précédent. © Virgin Galactic.

Et après quelques secondes de vol plané, il allumera son moteur de fusée pour gagner des altitudes supérieures. Pendant cette phase propulsée d’environ une minute qui doit l’emmener à près de Mach 3 (environ 3600 km/h), ses occupants ressentiront une accélération d’environ 4g (soit l’impression de peser quatre fois le poids de leur corps). Une fois le moteur coupé, aux alentours de 60 km d’altitude, le Spaceship 2 continuera à monter en suivant une parabole qui culminera à environ 90 km.

Vue arrière sur la Terre, depuis une altitude voisine de 80 km, prise lors d'un vol d'essai précédent. © Virgin Galactic.

Sur les six vols propulsés précédemment réalisés par la navette suborbitale, seulement trois ont dépassé les 80 km. Celui du 22 février 2019 a permis à Unity d’atteindre une hauteur de 89,9 km. Rappelons que selon la définition américaine, l’espace est situé à 80 km d’altitude alors que la Fédération aéronautique internationale (FAI) fixe la frontière entre le domaine aérien et le domaine spatial à 100 km (ligne de Karman). À l’issue de 3 à 4 min d’apesanteur ressenties au sommet de la trajectoire parabolique, Richard Branson et ses compagnons connaitront une décélération atmosphérique suivie de l’ultime phase critique : celle où les ailes basculent à 65° (mode « feather ») pour stabiliser l’appareil et limiter les contraintes aérodynamiques. L’avion redescend ensuite vers le sol à la manière d’une feuille morte jusqu’à une altitude où il reprend sa configuration initiale pour se poser comme un planeur.

L'avion Spaceship 2 se pose comme un planeur sur sa piste du Nouveau-Mexique. © Virgin Galactic

Ce vol, à suivre en direct, devrait durer au total une heure et demie pour s’achever par un atterrissage sur la piste du Spaceport America, au Nouveau-Mexique. À son retour, Richard Branson doit faire une annonce spéciale « pour donner au plus grand nombre l’opportunité d’être astronaute ». Suspense !

Suivez le vol du Spaceship 2 en direct avec Ciel & espace sur Twitch et YouTube

 

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