Astéroïde Apophis : la menace d’impact écartée pour au moins un siècle

Vue d'artiste d'un astéroïde géocroiseur. Crédit : ESA - P.Carril
De nouvelles mesures radars ont permis d’affiner la trajectoire d’Apophis, un astéroïde géocroiseur de 350 m découvert en 2004. Le petit risque d’impact avec la Terre qui existait encore pour 2068 est écarté.

Apophis est finalement inoffensif ! Au moins pour le siècle à venir. C’est la bonne nouvelle issue d’observations récentes de l’astéroïde, à l’occasion de son passage à 17 millions de kilomètres de la Terre, le 6 mars 2021.

Les antennes radio du Deep Space Network à Goldstone (Californie) et de l’observatoire Green Bank (Virginie de l’Ouest), utilisées comme radar, ont permis d’affiner l’orbite du géocroiseur. Son prochain passage au plus près de la Terre – le 13 avril 2029 à moins de 35 000 km, pendant lequel il sera visible à l’œil nu ! – devrait suffisamment infléchir sa trajectoire pour qu’il n’ait plus aucune chance de la frapper en 2068.

 

Observations radar d'Apophis, du 8 au 10 mars 2021. © NASA/JPL-Caltech and NSF/AUI/GBO

En 2011 puis en 2013, des observations menées à l’observatoire du Pic du Midi puis à Goldstone avaient permis de réduire l’incertitude sur la distance de ce passage de 2029 à quelques dizaines de kilomètres, éliminant la possibilité d’un impact à cette date ou en 2036. Mais un petit risque existait encore pour 2068.

Au moment de sa découverte en 2004, les astronomes estimaient qu’Apophis avait une probabilité de plus de 1 % d’entrer en collision avec la Terre le 13 avril 2029. Un risque élevé qui avait stimulé l’étude attentive de sa trajectoire. Depuis, au fil des observations, le risque s’était peu à peu éloigné et amenuisé.

La trajectoire d'Apophis croise celle de la Terre.

Avec ces dernières observations, Apophis quitte définitivement la liste des astéroïdes dangereux maintenue par l’Agence spatiale européenne, où il occupait la huitième place.

 

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Magazine Ciel & espace n°576 - avril-mai 2021. Dossier : L’eau et la vie, un duo rarissime dans l’Univers. © C&E

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