À Kourou, le pas de tir des fusées Diamant va reprendre du service

L'ensemble de lancement Diamant, en Guyane. © CNES
Opérationnel entre 1970 et 1975, l’Ensemble de lancements Diamant (ELD) doit reprendre du service en 2022 en Guyane. Il servira aux tests de fusées récupérables par le Cnes.

Le lieu a vu décoller les fusées françaises Diamant au début des années 1970, après la base d’Hammaguir en Algérie. Désaffecté depuis 45 ans, le premier ensemble de lancements du Centre spatial guyanais (CSG) va reprendre vie. Une nécessité amène aujourd’hui le Cnes à ressusciter cette zone historique : développer la technologie pour les lanceurs réutilisables de demain. À partir de 2022, l’ancien Ensemble de lancements Diamant (ELD) accueillera ainsi les tests des démonstrateurs Callisto et Thémis.

Pour le premier, qui doit voler jusqu’à dix fois, il est prévu d’installer un point de décollage et une zone d’atterrissage dans un rayon de 10 m autour de ce même point. L’aménagement du pas de tir prend en compte les spécificités de Callisto. Quant à Thémis, le démonstrateur qui préfigure ArianeNext, la succession d’Ariane 6 vers 2030, il est attendu en 2025.

Simulation du décollage de Callisto au Centre spatial guyanais. © CNES
Simulation du décollage de Callisto au Centre spatial guyanais. © CNES
Vue 3D du futur pas de tir de Callisto. © CNES
Vue 3D du futur pas de tir de Callisto. © CNES

L’arrivée de ces engons d’essais nécessite aussi des installations au sol. Il est notamment prévu de tirer parti de l’existant en assemblant Callisto dans l’ancien hall de préparation des Diamant, toutefois sous tente climatisée et stérile. Des réaménagements sont également nécessaires avec le retrait du portique Diamant, un désamiantage ou encore l’installation d’une nouvelle dalle de béton, ce qui représente un investissement « de quelques millions d’euros », indique Jean-Marc Astorg, le patron de la direction des lanceurs au Cnes.

Les grandes étapes du programme Thémis. © CNES.
Les grandes étapes du programme Thémis. © CNES

L’ELD offre un potentiel pour trois zones de lancements, avec une possibilité de tir pour les microlanceurs commerciaux. « Les futurs opérateurs y seront chez eux au sein de bâtiments dédiés », précise Jean-Marc Astorg. Les servitudes qui seront installées sur le pas de tir seront communes à tous les véhicules.

Premier opérateur : l’Allemand RFA

Le premier de ces nouveaux acteurs doit être Rocket Factory Augsburg, filiale du fabricant de satellites OHB. La société allemande a officialisé le 30 septembre 2020 la signature d’un accord avec le Cnes pour l’implantation de son lanceur RFA One depuis Kourou. Il s’agit d’une fusée à trois étages haute de 30 m et capable de placer jusqu’à 1,1 tonne de charge utile sur orbite héliosynchrone à 700 km d’altitude, et jusqu’à 1,5 tonne sur orbite basse. Son tir inaugural est prévu en 2022 depuis ce pas de tir autrefois dédié au tout premier lanceur français et resté sous-utilisé avec seulement huit missions réalisées en 5 ans.

Tir inaugural il y a 50 ans

Le 10 mars 1970, la première fusée Diamant B lançait le satellite scientifique allemand Dial/Wika pour l’étude de la haute atmosphère. À ce jour, le dernier tir Diamant (version BP4) a eu lieu le 27 septembre 1975 pour placer sur orbite basse à 711 km d’altitude le petit satellite astronomique Aura (115 kg) dédié aux mesures dans l’ultraviolet. Cette mission signe l’arrêt de l’ELD et une suspension provisoire de l’activité au CSG. Ariane montait alors en puissance

Photo prise sur la table de lancement entourée par le portique en février 2020. © ESA-CNES-Arianespace
Ancienne table de lancement Diamant photographiée en février 2020. © ESA-CNES-Arianespace
Table de lancement entourée par le portique en février 2020. © ESA-CNES-Arianespace
Table de lancement entourée par le portique en février 2020. © ESA-CNES-Arianespace
Photo prise dans l'ancienne table de lancement de la fusée Diamant en février 2020. © ESA-CNES-Arianespace
Photo prise dans l'ancienne table de lancement de la fusée Diamant en février 2020. © ESA-CNES-Arianespace

Désaffecté en 1976, l’ELD servira en 1998 pour le stockage des déchets industriels. Il fut également utilisé pour entreposer les propulseurs d’appoint des fusées Ariane 4 après leur récupération en mer. Si aucune fusée n’a décollé de l’ELD depuis presque un demi-siècle, l’arrivée prochaine d’une nouvelle génération de lanceurs devrait donc changer cette donne.

 

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