Uranus cache deux de ses satellites

Les anneaux d'Uranus photographiés par Voyager 2. Crédit : NASA.
L’existence de deux satellites autour de la septième planète est confirmée par une nouvelle étude des données de la sonde américaine Voyager 2, obtenues en janvier 1986.

En réexaminant les mesures de Voyager 2, deux chercheurs de l’université de l’Idaho viennent de montrer qu’Uranus possède deux satellites jusqu’ici inconnus. Ils ont utilisé les données de l’instrument Radio Science Subsystem (RSS) de la sonde.

En janvier 1986, observé depuis la Terre, le signal de RSS a été occulté de manière répétée lors du passage de Voyager 2 derrière les anneaux. L’instrument révèle ainsi des ondulations d’amplitude variable le long de deux des treize anneaux d’Uranus — les mêmes ondulations que l’on observe autour de Saturne lorsqu’un satellite flirte avec l’un de ses colliers de poussière. Le phénomène est dû ici à la présence de deux petits astres, dont la taille est estimée entre 4 et 14 km de diamètre.

Des anneaux très riches

Détectés par une occultation d’étoile en 1977, les anneaux d’Uranus s’avèrent d’une grande richesse. Ils constituent le système le plus complexe du Système solaire, après ceux de Saturne. Certains d’entre eux ne font que quelques kilomètres de large, c’est le cas des anneaux α et β étudiés ici.

Leur finesse indique qu’ils sont sous l’influence gravitationnelle de satellites “bergers” entre lesquels ils sont confinés. Jusqu’ici, ces satellites n’ont jamais été observés directement. Mais ils existent bien : l’instrument RSS nous le confirme !

Trop sombres pour les télescopes actuels

À partir de ses données, les chercheurs déduisent la présence d’un corps à 77 km à l’extérieur de l’anneau β, et d’un autre à 106 km à l’extérieur de l’anneau α. Leur petite taille explique pourquoi ils sont hors de portée des télescopes actuels et noyés dans le bruit des images de Voyager 2.

Les astronomes s’attendent en effet à ce que ces deux astres aient une surface peu réfléchissante, car les anneaux d’Uranus sont eux-mêmes très sombres. Leur surface est couverte d’éléments organiques noircis par le rayonnement de la magnétosphère d’Uranus.

Pour voir ces deux satellites, il faudra attendre au mieux la mise en service du James Webb Space Telescope en 2018.

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