Mesurez la luminosité de la comète Hartley 2

La comète 103P/Hartley photographiée lors de son dernier passage proche de la Terre, en 2010. © Michael Jäger
L’Association française d’astronomie (AFA) appelle les amateurs d’astronomie à observer la comète 103P/Hartley, alias « Hartley 2 ». C’est l’occasion pour tout détenteur d’appareil photo numérique ou de télescope d’en mesurer la luminosité, et de contribuer à une expérience scientifique collaborative.

C’est la comète scientifique de l’automne ! Moins spectaculaire que l’esthétique Nishimura, à ne pas manquer début septembre, la comète 103P/Hartley – alias « Hartley 2 » – est tout aussi intéressante. L’astre qui a été survolé par la sonde Deep impact en 2010 est en train de revenir dans le voisinage de la Terre. Actuellement dans la constellation de Persée, celle qui tourne en 6 ans et demi autour du Soleil passera au plus près de notre étoile le 12 octobre 2023.

Si bien que son éclat va grimper courant septembre, pour culminer jusqu’à la magnitude 8 dans les premiers jours d’octobre. C’est l’occasion saisie par l’AFA pour en faire le sujet d’une grande campagne d’astronomie participative à laquelle les photographes et astronomes amateurs sont invités à participer. L’expérience a commencé le 1er septembre 2023 et reste ouverte jusqu’à décembre.

Hartley 2 photographiée par la sonde Deep impact en 2010. © NASA/JPL/JLD/C&E

Avec ou sans photo

Le but : mesurer collectivement la montée puis la baisse d’éclat de Hartley 2. Pour ce faire, chacun peut apporter une ou plusieurs estimations de la luminosité de la comète au fil des nuits. Il est possible de la photographier soi-même, puis d’en évaluer la magnitude en suivant le tutoriel vidéo conçu par l’AFA. Les utilisateurs de télescopes de la marque Unistellar sont aussi appelés à participer, 103P/Hartley s’étant hissée au rang des cibles prioritaires de son programme de science citoyenne. Enfin, les observateurs visuels peuvent aussi estimer ladite magnitude par comparaison avec les étoiles qui lui sont voisines.

Toutes ces méthodes, ainsi que la façon de partager sa contribution, sont décrites sur le site internet de l’AFA. Cliquer ici.

Le déplacement de Hartley 2 photographié pendant 50 minutes le 6 septembre 2023. © W. Dreapeaud

Comète hyperactive

« La comète Hartley 2 est qualifiée d’hyperactive, dans le sens où son activité est grande par rapport à la taille de son noyau, qui fait à peine 1 km », décrit Nicolas Biver, spécialiste des comètes à l’observatoire de Paris-Meudon. « Cela est dû au dioxyde de carbone qu’elle contient. En se vaporisant à plus basse température que l’eau, celui-ci soulève des formes de boules de neige en surface. Cela permet de sublimer [faire passer de l’état solide à l’état gazeux] de plus grandes quantités d’eau. »

En concertation avec les astronomes de l’observatoire de Paris, l’AFA s’est donnée pour objectif de publier à terme cette mesure participative, auprès du Centre des planètes mineures. Une bonne occasion pour chacun de contribuer à la recherche scientifique !

 

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