Luna 25, le coup manqué de la Russie dans la course à la Lune

Crédit : Roscosmos
En s’écrasant sur la Lune peu avant son atterrissage prévu, la sonde Luna 25 a emporté avec elle les espoirs de voir la Russie réussir un coup de poker dans la course à notre satellite naturel.

Longtemps retardée, Luna 25 aurait finalement pu devancer tout le monde au pôle Sud de la Lune. La sonde russe, lancée le 11 août 2023, devait en effet se poser en douceur dans les environs du cratère austral Boguslawsky le 19 août, arrivant dans cette région avant la sonde indienne Chandrayaan 3, partie plus tôt. Mais à 13 h 10, le 19 août, une manœuvre d’allumage de ses moteurs s’est mal passée. Peut-être en raison d’une erreur de calcul, la phase propulsée destinée à abaisser l’orbite en vue de la descente finale a visiblement duré plus longtemps que prévu. Cela a mis la sonde sur une orbite trop basse. Si basse, qu’elle est entrée en collision avec la Lune. L’agence spatiale russe Roscosmos a indiqué que le contact avec l’engin automatique avait été perdu à 13 h 57 (heure française).

Une compétition autour du pôle Sud

La région du pôle Sud lunaire est l’objet de l’intérêt renaissant des agences spatiales pour la Lune. Dans l’ombre perpétuelle des cratères d’impacts qui s’y trouvent, se cache de la glace qui pourrait être utilisée pour des missions de longue durée mais aussi qui pourrait être étudiée par les scientifiques. Avec Luna 25, une mission initialement prévue en 2012, puis en 2016, la Russie espérait jouer un coup de poker en devenant la première nation à faire atterrir un engin dans cette région.

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Sa prochaine sonde lunaire, Luna 26, est un satellite sans module d’atterrissage, annoncé pour 2024. La performance visant le pôle Sud reviendra peut-être à l’Inde, dont la sonde Chandrayaan 3 s’est placée avec succès sur une orbite lunaire circularisée à 153 km d’altitude et qui a réussi à se séparer de son étage propulsif. La tentative d’atterrissage doit avoir lieu le 23 août.

L’échec de la sonde russe rappelle que se poser sur la Lune reste une opération relativement délicate que seuls trois pays ont maîtrisé jusqu’à présent : la Russie, les États-Unis et la Chine.

 

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