Le journal de Thomas Pesquet (11) : Une mission, un nom

Dans le simulateur du Soyouz. © GCTC
L'astronaute de l’ESA Thomas Pesquet doit s’envoler en novembre 2016 vers la station spatiale internationale et séjourner six mois à bord. Une mission pour laquelle il s’entraîne depuis deux ans. Chaque mois, il raconte les coulisses de cette préparation aux lecteurs de « Ciel & Espace ».

Épisode 11 : Une mission, un nom

Ça y est, j’ai choisi le nom de ma mission ! Je ne peux pas l’annoncer au moment où ces lignes sont écrites car il doit encore être validé par l’ESA, en particulier au niveau juridique et au niveau de la communication. Il faut vérifier, par exemple, qu’il n’a pas une signification étrange dans une autre langue… En tout cas, c’est l’un des 1377 noms qui m’ont été proposés par le public lors du concours ouvert en avril.

Je trouvais que c’était une bonne idée de faire participer les gens, et je n’ai pas été déçu. Certaines personnes ont proposé des noms d’étoiles, comme Sirius, dans la plus pure tradition des missions françaises : Altaïr de Jean-Pierre Haigneré, Antarès de Michel Tognini. D’autres se sont tournées vers la mythologie grecque avec Héraclès, Achille, Icare (j’aime bien, mais l’histoire finit mal quand même…).

D’autres encore ont pensé aux valeurs de la France (Liberté, Fraternité), ou à son histoire (Verdun, ce qui n’est pas forcément adapté à une mission européenne !). On m’a aussi proposé des noms d’animaux auxquels je n’aurais vraiment pas pensé pour baptiser une mission (Vautour de Rüppell), quelques-uns m’ayant même suggéré le nom de leur chien ! Pour découvrir celui que j’ai finalement choisi, rendez-vous directement à l’épisode 17

Missions Blue Dot ou PVH

Lorsqu’on baptise sa mission, on souhaite évidemment un nom qui nous plaise et qui nous ressemble. Luca [Parmitano, NDLR] a choisi Volare parce qu’à la base il est pilote. Alex [Alexander Gerst, NDLR], qui est géophysicien, a baptisé sa mission Blue Dot en référence à la façon dont Carl Sagan évoque la planète Terre sur une photo prise par Voyager 1 (“a pale blue dot”, “un point bleu pâle”). De ce point de vue, nous avons plus de liberté que nos prédécesseurs, qui devaient intégrer “ISS” (“OasISS”, “PromISSe”…) dans leur nom de mission. Pour la petite histoire, je rappelle aussi que la mission du premier Français dans l’espace, Jean-Loup Chrétien en 1982, s’appelait “PVH” pour… “premier vol habité” !

Dans le simulateur du vaisseau Soyouz, au centre d’entraînement Gagarine. © GCTC

Côté entraînement, j’ai passé l’essentiel de mon temps en Russie ces dernières semaines, dans le simulateur du Soyouz. En tant que copilote (à gauche, dans le vaisseau), je dois être capable de gérer toutes les phases de vol en cas de défaillance du commandant. Nous répétons spécialement les phases de rendez-vous en orbite, qui demandent pas mal de dextérité, et les rentrées atmosphériques. Lorsque celles-ci ne se passent pas comme prévu, le pilotage de la capsule de retour peut être éprouvant pour l’organisme, à cause des décélérations qu’il faut encaisser. Il y a une centrifugeuse à la Cité des étoiles qui permet de simuler ces conditions…

Je m’envole pour le Japon, rendez-vous à la mi-juin au salon du Bourget !

 

Découvrez l’épisode 12 du journal de Thomas Pesquet.

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