L’ampleur des incendies australiens évidente depuis l’espace

L’immense panache des incendies australiens atteint la Nouvelle-Zélande (à droite). © NICT ScienceCloud
Les incendies qui frappent l’Australie sont aisément visibles depuis l’espace. Les images du satellite japonais Himawari 8 révèlent des centaines de panaches de fumée, parfois long de plusieurs milliers de kilomètres.

En bientôt deux mois, les incendies qui ravagent le Sud-Est de l’Australie ont détruit près de 6 millions d’hectares. C’est presque la superficie de la région Occitanie. Sur les images du satellite géostationnaire Himawari 8, on distingue la multitude de feux de brousse qui, le long de la côte Est du pays, frappent la Nouvelle-Galles du Sud. Dans cet État le plus peuplé d’Australie, courant décembre 2019, une épaisse fumée a enveloppé sa capitale, Sydney, allant jusqu’à déclencher les alarmes à incendie installées à l’intérieur des gares de la ville et dans certains bureaux.

Plus au sud, dans l’État de Victoria, la situation n’est guère meilleure. Melbourne a vu la silhouette de ses gratte-ciels disparaître derrière un épais smog (contraction de smoke signifiant « fumée » et fog signifiant « brouillard »). Mais dans la région, c’est peut-être à 36 000 km d’altitude, par le biais d’Himawari 8, que le constat est le plus impressionnant. Les images du satellite de l’Agence météorologique du Japon révèle un vaste panache ocre, fait de cendres et de poussières, qui s’échappe vers l’est… jusqu’en Nouvelle-Zélande. Sur place, le 1er janvier 2020, les habitants de l’île du Sud ont constaté que le Soleil adoptait une couleur rouge-orangée. En cause, la diffusion de la lumière par une atmosphère chargée de ces particules rejetées par les incendies australiens. Plus en altitude, la neige de certains glaciers néo-zélandais a même tourné au brun, comme le rapportait hier The Guardian. La mer de Tasman, qui sépare les deux pays, s’étend pourtant sur plus de 2000 km, soit la distance entre Berlin et Madrid.

Observations du satellite geostationnaire Himawari 8 le 3 janvier 2020.

Des incendies qui vont durer

Majoritairement hors de contrôle, le brasier est malheureusement voué à durer encore plusieurs semaines. Au moins jusqu’à la fin du mois de janvier 2020, d’après Intelligencer. En plein été austral, les pluies se font rares et les flammes bénéficient au contraire d’un climat sec, encore plus particulièrement cette année. Le 18 décembre 2019, la température maximale moyenne à la surface du pays atteignait 41,9°C. Bien au-delà du précédent record : 40,3°C en 2013. Dans la foulée, la première ministre de Nouvelle-Galles du Sud déclarait un état d’urgence de sept jours. Depuis, ces conditions extrêmes de température, en plus de vents violents, exacerbent les centaines de brasiers qui sévissent sur l’île-continent.

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