Éruption solaire record et alerte aux aurores polaires

L'éruption du 15 février vue par SDO. Crédit : SDO/Nasa.


Le 15 février 2011, vers 1h50 (TU), a été observée la plus violente éruption solaire depuis décembre 2006.

Classées dans la catégorie X, celle des événements solaires les plus énergétiques qui soient, ce type d'éruptions est susceptible de provoquer des ruptures de liaisons radio et des averses de radiations dangereuses pour certains satellites. Leur fréquence est très rare.

L'éruption du 15 février (voir vidéo en bas de page) est d'une intensité de 2,2, mesurée sur une échelle de X1 à X9. Elle s'est produite dans l'hémisphère Sud du Soleil, à partir de la région active 1158.

Un record pour le cycle solaire actuel

C'est la plus grande éruption depuis le début du cycle solaire actuel (le cycle 24), commencé le 8 janvier 2008. Elle semble indiquer que l'activité de notre étoile, plutôt calme jusqu'à présent, est enfin repartie : « C'est comme s'il y avait eu l'explosion d'une bombe atomique, alors que nous n'observions que des pétards. Nous avons beaucoup attendu ce redémarrage », commente Guillaume Aulanier, de l'observatoire de Paris (LESIA).

Avis d'aurores polaires pour le 17 février !

Les éruptions de classe X se traduisent par une éjection de masse coronale (CME), autrement dit une importante bouffée de gaz expulsée dans l'espace. Environ un milliard de tonnes de matière ont ainsi été soufflées vers la Terre.

On s'attend donc prochainement à des aurores polaires. Il faut un certain temps pour qu'une CME atteigne la Terre : une alerte aux aurores a été donnée pour le 17 février 2011. Mais elle concerne les habitants des hautes latitudes terrestres.

Deux éruptions violentes en quelques jours

Cette éruption en suit une de type M (moyenne, 10 fois moins intense que les X) survenue le 13 février 2011 dans la même région du Soleil et plusieurs petites éruptions de type C (100 fois moins intense que les X) au cours des jours précédents. À peine visible au 12 février, la région 1158 s'étendait sur 100 000 km, le 14 février.

« Il est assez fréquent que des séries d'événements se produisent dans la même région avant une éruption de classe X », précise Guillaume Aulanier. Il est d'ailleurs possible que d'autres éruptions de classe X suivent celle-ci dans cette région encore très active.

De précieuses données sur le Soleil

Pour les scientifiques, l'ampleur de l'événement du 15 février est une aubaine, car plus une éruption est grosse, mieux ils peuvent l'étudier.

Comme elle s'est produite non loin de taches solaires, où l'on observe un puissant champ magnétique, ils ont la possibilité de mesurer ce champ et les courants électriques associés, chose très difficile en temps normal. « Avec les éruptions de classe X, beaucoup d'observations sont plus fiables, car tout est plus intense », souligne Guillaume Aulanier.

Des éruptions dont le mécanisme reste encore mal connu : « Si un jour nous comprenons ce qui les déclenche, ce sera un grand pas en avant pour la physique fondamentale et pour la météorologie spatiale », note l'astronome.

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