Le journal de Thomas Pesquet (34) : Rentrer chez soi

La Normandie, région d'enfance de Thomas Pesquet, photographiée depuis l'ISS le 19 avril 2017. © T. Pesquet/ESA
Chaque mois pendant plus de deux ans, Thomas Pesquet a dévoilé les coulisses de son entraînement aux lecteurs de Ciel & Espace. Désormais, il est à bord de l’ISS ! Dans ce trente-quatrième épisode, l'astronaute partage ses sentiments alors que sa mission s'achève...

« Je reviens sur Terre le 2 juin 2017 avec Oleg. Après six mois passés dans l'espace, je suis traversé de sentiments mêlés. Je suis impatient de retrouver ma compagne, mes proches, de pouvoir marcher dehors dans la nature, mais quelque part je vais avoir un peu de nostalgie en quittant la station spatiale.

Ca m'a demandé tellement de travail et de sacrifices pour arriver là. Et c'est tellement difficile d'y retourner ! J'espère revenir dans quelques années, bien sûr, mais rien n’est certain. Donc quitter la station, ce sera un peu lui faire mes adieux. Ce sera forcément un peu triste...

Six mois passés en un clin d'œil

Je sais que mes camarades vont me manquer. Vivre si proches pendant des mois, partager des expériences exceptionnelles, cela crée des liens forts, pour toujours. Je sais aussi que quand je serai au sol, je me dirai « Ah, quand est-ce que je pourrai retourner là-haut ? »

En fait, ces six mois sont passés en un clin d’œil ! C'est l'une des choses que j'ai apprise pendant ce séjour dans l'espace : le temps coule rapidement, il faut profiter de chaque moment. Je crois que j'ai aussi pris un peu de recul sur les problèmes du quotidien. Et puis, j'ai vraiment saisi la fragilité de la Terre (au fait, je confirme qu'elle est bien ronde, je l'ai vu de mes propres yeux !)

Avec le retour sur Terre, je vais devoir réapprendre à utiliser des muscles dont je ne me sers plus depuis des mois. Mes jambes, par exemple, sont devenus toutes maigres. Chez les astronautes, on appelle ça avoir des « chicken legs », des jambes de poulet !

Comme je n'ai pas marché depuis six mois, mes plantes de pieds se sont aussi beaucoup attendries. Il paraît que la marche est douloureuse dans les premiers temps du retour sur Terre. Pour retrouver l'intégralité de ma condition physique d'avant lancement, il me faudra environ six mois.

Je range ma chambre

Nous sommes dans les derniers préparatifs du départ. Peggy va rester trois mois de plus à bord de l'ISS. Oleg et moi devons nettoyer et démonter notre chambrette. Depuis plusieurs jours, nous chargeons petit à petit le cargo ravitailleur qui ira brûler dans l'atmosphère avec tout ce que nous ne pouvons pas laisser dans la station, ni rapporter sur Terre, comme par exemple nos vêtements de mission.

Nous chargeons aussi le vaisseau Soyouz qui doit nous rapatrier. Le chargement est minimal, et surtout il doit être équilibré de façon très précise. Pour réaliser les manœuvres de descente, le centre de gravité du Soyouz doit être parfaitement connu. Parallèlement, nos collègues russes remettent le vaisseau en route et vérifient son fonctionnement. Dans quelques jours, Oleg et moi serons dans sa capsule de descente, comme à l'intérieur d'une étoile filante. Ce sera spectaculaire. »

 

Découvrez les autres épisodes du journal de Thomas Pesquet.

 

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