Vega décolle vers le marché des petits satellites

Premier lancement de la fusée européenne Vega. Crédit : S. Corvaja/ESA/C&E Photos

La nouvelle fusée européenne Véga a décollé impeccablement, ce lundi 13 février 2012 du Centre spatial guyanais, près de Kourou à 11 h (heure légale française). A son bord : neuf petits satellites.

Les trois étages à poudre ont bien fonctionné, de même que le quatrième étage. 55 minutes après le lancement, LARES, l'un des satellites était largué sur son orbite. Un quart d'heure plus tard, tous ses autres "passagers" étaient libérés à leur tour.

Le marché des petits satellites
L'Agence spatiale européenne, avec Ariane 5 et la fusée russe Soyouz, possède déjà deux lanceurs capables d'expédier en orbite de gros satellites. Ariane 5 peut satelliser 10 tonnes et Soyouz 3 tonnes.

Véga, avec ses 30 m de haut, vise un marché plus modeste avec des charges ne dépassant pas 1,5 tonne. Avec un rythme de deux lancements par an, chaque tir reviendrait à 32 millions d'euros. Si la cadence passe à quatre lancement annuels, le prix chute à 21 millions d'euros par lancement.

Une naissance hésitante
Au début des années 1990, quand l'Agence spatiale italienne a proposé le projet, plusieurs membres de l'ESA étaient sceptiques sur la viabilité de ce marché des petits satellites. Notamment en raison du fait que le marché visé était occupé par d'anciens missiles russes très peu chers.

L'Allemagne a d'ailleurs refusé de participer. La France s'est finalement laissée convaincre pour financer 25% du projet. La construction de Vega a débuté en 1998.

Un lanceur à poudre
Vega est une fusée composée de trois étages à poudre et d'un quatrième étage à carburants liquides. Ce dernier doit pouvoir s'allumer cinq fois successivement pour placer plusieurs charges sur différentes orbites. Pour ce premier vol, cet étage est ukrainien. Mais d'ici le troisième vol de qualification, l'ESA devrait le remplacer par un étage entièrement construit par ses pays membres.

Les fusées Vega sont lancées depuis l'ancien pas de tir des fusées Ariane 1 à 4. Celui-ci était désaffecté depuis quelques années. Il a été reconstruit entièrement pour permettre de lancer 4 fusées Véga par an.

Quatre vols de qualification
Le tir du 13 février 2012 n'est que le premier d'une série de quatre destinés à qualifier le lanceur. Ce n'est qu'ensuite que commenceront les vols commerciaux à proprement parler.

Aujourd'hui, le marché des petits satellites a changé. Les missiles russes sont plus chers qu'à leurs débuts (notamment parce qu'ils sont moins nombreux). Et les concurrents (Brésil, Inde) ne sont pas complètement prêts. Avec 21 millions d'euros par lancement, Vega semble aujourd'hui très compétitif.

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