Neptune : c’est reparti pour un tour

Neptune a fait un tour du Soleil depuis sa découverte en 1846. Crédit : JPL/Ciel et Espace Photos

Ce 12 juillet 2011, Neptune boucle son premier tour du Soleil depuis sa découverte le 24 septembre 1846. Qu'avons-nous appris sur la lointaine planète gazeuse au cours de cette première « année neptunienne » ?

Découverte par le calcul

Lorsque l'astronome berlinois Johann Galle pointe sa lunette vers le ciel, le soir du 24 septembre 1846, il sait exactement ce qu'il cherche. Il a reçu la veille un courrier du Français Urbain Le Verrier lui indiquant que, dans une direction bien précise, il trouvera la planète énigmatique qui trouble le mouvement d'Uranus.

En effet, depuis sa découverte par William Herschel en 1781, la planète Uranus narguait les astronomes : elle était parfois en retard ou en avance sur son orbite. Comme si elle était soumise à l'influence gravitationnelle d'un corps massif plus éloigné du Soleil qu'elle...

Peu après l'identification de Neptune, les astronomes anglais tentent de faire valoir les droits d'un des leurs. Le jeune John Couch Adams (voir son portrait dans notre numéro de septembre 2010) aurait localisé Neptune près d'un an plus tôt ! Une controverse franco-britannique agite la presse pendant plusieurs mois.

Août 1989 : le survol par Voyager 2

Le 25 août 1989, la sonde Voyager 2 achève sa visite des planètes du Système solaire par le survol de Neptune. On découvre enfin le visage de la lointaine planète ! Avec sa Grande Tache sombre, elle rappelle Jupiter. Sauf qu'elle est entièrement bleue, d'un bleu profond...

Dans notre numéro de juin 2011, l'astronome André Brahic raconte l'enthousiasme des équipes scientifiques à la réception des images de la sonde, à Pasadena (Californie) : « Nous nous attendions à une planète inerte, après le survol d'Uranus, et nous découvrions au contraire un monde agité, avec des vents violents, un satellite à la géologie passionnante, et plusieurs anneaux. »

L'animation ci-dessous, diffusée à l'époque, avant le survol, montre les mesures réalisées par la sonde de la Nasa (la bande-son a été ajoutée).

Un océan de diamant ?

Neptune est aujourd'hui suivie par le télescope spatial Hubble et les grands télescopes comme le VLT. En 2007, grâce à des observations infrarouges, une équipe franco-américaine a découvert que le pôle Sud de la planète gazeuse était 10°C plus « chaud » qu'ailleurs (la température de Neptune n'est que de -214°C).

Sur le front théorique, des chercheurs américains ont suggéré que la planète pourrait abriter un océan de diamants. Mais pour en avoir le cœur net, il faudrait au moins une nouvelle sonde. Sera-t-elle lancée au cours de cette deuxième année neptunienne ?

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