La détection des ondes gravitationnelles couronnée par le Nobel

L'un des deux détecteurs de l'instrument Ligo, à Hanford dans l'état de Washington. Crédit : Ligo
Le prix Nobel de physique 2017 est décerné aux pères du détecteur d'ondes gravitationnelles Ligo : les Américains Rainer Weiss, Barry Barish et Kip Thorne.

La détection directe des ondes gravitationnelles par Ligo, annoncée le 11 février 2016, valait bien un prix Nobel. L’Académie royale des sciences de Suède a décidé de le décerner aux pères de l'instrument, pour une moitié à l'instrumentaliste et théoricien Rainer Weiss, et pour l'autre conjointement à l'instrumentaliste Barry Barish et au théoricien Kip Thorne.

Rainer Weiss est récompensé pour avoir imaginé (dès 1967) un interféromètre laser pour la détection des ondes gravitationnelles. En 1972, une étude poussée de son détecteur tenait déjà compte des différentes sources de bruit dont un tel instrument devrait s'affranchir, et concluait à la nécessité de construire un interféromètre d'au moins 1 km, préfigurant ce qui deviendrait un jour l’observatoire Ligo. Weiss poursuivit ses efforts au MIT pendant de longues années. Il a aujourd'hui 85 ans.

Kip Thorne, 77 ans, est un autre pionnier de la recherche sur les ondes gravitationnelles. Sa contribution essentielle est d'avoir modélisé, avec son groupe de Caltech, les différentes sources d'ondes gravitationnelles dans l'Univers et la forme du signal qu'elles émettent. La jonction de son groupe de recherche avec celui du MIT, au milieu des années 1980, marque les débuts du projet Ligo (officiellement soumis pour financement à la National Science Fondation en 1989).

Barry Barish, 81 ans, a dirigé le projet Ligo dès le début de sa construction en 1994. C'est sous sa direction, en 2003, qu'a été décidée la construction d'une version plus sensible de l'instrument. Baptisée Advanced Ligo, c'est elle qui a conduit au succès annoncé en 2016.

Tous trois sont membres de la collaboration Ligo/Virgo.

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