Collision de naines blanches dans M 82

La galaxie M 82 vue en rayons X. SN 2014J a explosé près du centre. Credit: NASA/CXC/SAO/R.Margutti et al

Contrairement à ce que pensaient les astronomes, la supernova observée en janvier 2014 dans la galaxie M 82 n'était pas due à un transfert de matière d'une étoile massive à une naine blanche.

C'est ce qu'il ressort d'observations menées grâce aux satellites Swift et Chandra, sensibles aux rayons X. Les deux observatoires spatiaux n'ont en effet détecté aucune émission de rayons X à l'emplacement de la supernova.

Or, quand une naine blanche explose après avoir absorbé trop de gaz à une étoile voisine, celle-ci se retrouve immergée dans un gros nuage de gaz en expansion qui émet de bonnes doses de rayons X.

Credit: NASA/CXC/SAO/R.Margutti et al Credit: NASA/CXC/SAO/R.Margutti et al

Ces deux images montrent la zone de la supernova SN 2014J, en rayons X avant (à gauche) et après (à droite) l'explosion. Aucun émission n'est visible dans cette longueur d'onde. Credit: NASA/CXC/SAO/R.Margutti et al

Une supernova de type Ia
Rien de tel, dans le cas de SN 2014J, la supernova repérée le 22 janvier 2014 à 12 millions d'années-lumière, dans la galaxie M 82. Dans une étude publiée dans Astrophysical Journal du 20 juillet 2014, une équipe d'astrophysiciens conclut que la supernova serait plutôt due à la collision et à la fusion de deux naines blanches, un phénomène avare en émissions de rayons X. Il s'agit toujours d'une supernova de type Ia mais le mécanisme physique qui l'a enclenchée est maintenant mieux connu.

Une référence pour l'Univers tout entier
Cette précision apportée sur l'origine de SN 2014J a son importance : les supernovae de type Ia servent aux astronomes de références pour la mesure des distances dans l'Univers. Ceci, parce qu'elles sont considérées depuis des décennies comme constantes en luminosité. Or, cette constance est à nuancer. De petites disparités ont été observées au cours de ces dernières années. Préciser la physique et la luminosité de ces explosions d'étoiles doit donc permettre aux cosmologistes de mesurer avec plus de précision les distances entre les galaxies et ainsi affiner les modèles d'expansion de l'Univers.

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