Curiosity observe de nouvelles traces d’eau

Le site martien de Yellowknife Bay, qui jouxte Glenelg, est constellé de gypse incrusté dans la roche. Cette découverte du rover Curiosity prouve que l'eau a jadis coulé dans la région. Crédit : Nasa/JPL-Caltech/MSSS.

Sur Mars, Curiosity vient de mettre en évidence des veines de gypse, un minéral hydraté, incrustées dans de la roche. C'est la preuve que jadis, de l'eau liquide a circulé à la surface, ou juste en dessous.


À 700m de l'endroit où le rover américain s’est posé, sur un site appelé Yellowknife Bay, l'instrument ChemCam a effectué plusieurs tirs laser et analysé le plasma ainsi produit. Résultat : des veines contenant du gypse (ou du sulfate de calcium) constellent le site martien.


De l'eau dans les fractures de la roche


« Sur Terre, ces veines se forment lorsque du gypse précipite dans de l'eau circulant au sein de petites fractures creusées dans la roche, juste sous la surface », révèle Nicolas Mangold, géologue au Laboratoire de planétologie dynamique de l'université de Nantes et membre de l'équipe ChemCam.

« Pour l'instant, nous ne savons pas si cette eau provenait d'en dessous, c'est-à-dire de sources hydrothermales, ou de dessus, de lacs ou de petites mers, par exemple », ajoute le chercheur.


Eau souterraine ou de surface ?


Les prochaines mesures de Curiosity répondront peut-être à la question. L'équipe scientifique a décidé d'utiliser pour la première fois la foreuse du rover sur le site de Yellowknife Bay, plus précisément sur l'unité appelée Sheepbed.

« Les échantillons seront notamment analysés par l’instrument CheMin, à même d'étudier précisément les assemblages minéralogiques au sein de ce gypse, et donc de nous renseigner sur la température à laquelle il s'est formé. Si nous relevons des températures plutôt chaudes, ce sera le signe d'une origine souterraine. Dans le cas de températures froides, l'hypothèse d'une origine lacustre sera confirmée », précise Nicolas Mangold.


Premiers forages dans 10 jours


La foreuse est l'un des éléments clés de la mission Curiosity. Robert Manning, l'ingénieur en chef de la mission a pourtant révélé, en décembre 2012, qu'elle présentait une défaillance technique. « Nous ne sommes pas inquiets, assure le chercheur, et le premier forage devrait avoir lieu dans une dizaine de jours. »

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