Apophis ne frappera pas la Terre en 2036

Tout risque d'impact est écarté pour Apophis en 2036. Crédit : P. Carril/C&E Photos

Des observations radars menées sur l'astéroïde Apophis, passé ce 9 janvier 2013 à 14,5 millions de kilomètres de la Terre, confirment le résultat d'une équipe française en 2011.

Il n'y a plus aucun risque pour que ce géocroiseur (corps qui croise l'orbite de la Terre) découvert en 2004 frappe notre planète en 2036.

Par ailleurs, grâce à des observations infrarouges du satellite Herschel, la taille d'Apophis a été réévaluée à la hausse : 325 m au lieu de 270 m.

Un passage au large

La trajectoire de l'astéroïde lors de son prochain passage à proximité de la Terre (31 300 km en 2029), « est désormais connue à 20 km près », souligne François Colas, de l'Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides, coauteur de l'étude de 2011.

Conséquence : selon Jon Giorgini, un spécialiste de dynamique céleste cité par la revue Sky & Telescope, Apophis passera probablement à 56 millions de kilomètres de la Terre en 2036, et de toute façon à plus de 22 millions de kilomètres.

Sous surveillance radar jusqu'au 17 janvier

Le passage d'Apophis a été observé en optique depuis le sol, notamment le 7 janvier par François Colas à l'observatoire du Pic du Midi (vidéo ci-dessous).

Le radiotélescope de 70 m de Goldstone (Californie), qui le suit depuis une semaine, devrait prolonger ses observations jusqu'au 17 janvier. Le radiotélescope géant d'Arecibo (300 m de diamètre) prendra ensuite le relais.

« Nous observons l'astéroïde avec une résolution de 75 mètres, ce qui est mieux que ce que nous attendions », s'est félicité Lance Benner (Nasa), chargé des observations radars. L'objectif est de préciser encore sa trajectoire, d'estimer sa période de rotation, et dans le meilleur des cas d'en faire une image.

Plus gros que prévu

Quelle que soit sa forme, Apophis est en tout cas plus gros que nous le pensions. Le 6 janvier 2012, l'équipe du télescope spatial infrarouge Herschel (ESA) a pointé l'astéroïde pendant 2 heures et 10 minutes.

Résultat : l'astéroïde réfléchit moins bien la lumière qu'attendu. « Compte tenu de son éclat, cela signifie qu'il est plus gros », explique Patrick Michel, de l'observatoire de la Côte d'Azur, qui compte d'ailleurs proposer au Cnes une mission spatiale pour étudier Apophis en 2029.

Apophis ferait 325 m au lieu de 270 m, « ce qui se traduit par un accroissement de son volume ou de sa masse de 75% », souligne Thomas Müller, responsable de l'analyse des données de Herschel.

L'impact d'un corps de cette taille sur la Terre serait évidemment catastrophique. Il serait comparable à l'explosion de 40 000 bombes atomiques semblables à celle d'Hiroshima.

Pour en savoir plus, écoutez ce podcast consacré aux astéroïdes géocroiseurs, sur Ciel & Espace Radio.

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