Voyager 1 prolonge son espérance de vie

Vue d’artiste de la sonde Voyager 1. © Nasa/JPL-Caltech
Le vaisseau spatial le plus lointain de la Terre a effectué une manœuvre le 1er décembre 2017, à l’aide de moteurs qui n’avaient pas été mis à feu depuis 37 ans.

La sonde Voyager 1 est toujours vivante. Et elle compte bien le rester encore un peu. Ce vaisseau automatique lancé en 1977 en direction des planètes Jupiter et Saturne est aujourd’hui l’engin le plus lointain de la Terre : plus de 19 heures-lumière, soit 20 milliards de kilomètres. Et la Nasa continue de communiquer avec lui par le biais d’antennes paraboliques géantes.

Le 1er décembre, l’agence américaine lui a envoyé un ordre : celui d’allumer brièvement ses moteurs de correction de trajectoire. La dernière fois que ceux-ci avaient fonctionné, c’était le 8 novembre 1980, quand Voyager 1 traversait la banlieue de Saturne.

Par cette manœuvre, l’orientation de l’antenne de communication du vaisseau a été améliorée. Selon Susan Dodd, chef de projet Voyager au Jet Propulsion Laboratory, en Californie : « Avec ces propulseurs encore en état de marche après 37 ans sans utilisation, nous serons capables d’étendre la durée de vie de Voyager 1 de deux ou trois ans. »

Pourtant, l’entreprise n’était pas gagnée d’avance. Voyager 1 a beaucoup perdu de ses capacités après plus de 40 ans d’exposition aux rigueurs de l’espace profond. Notamment, ses propulseurs d’attitude, ceux avec lesquels, en principe, la Nasa maintient l’orientation du vaisseau, sont hors d’usage.

Réchauffer les moteurs avant de les allumer

C’est la raison pour laquelle l’agence spatiale américaine a essayé d’utiliser d’autres petits moteurs, ceux destinés aux corrections de trajectoire, pour réaliser la manœuvre d’orientation. Or, avant de les mettre à feu, il a fallu les réchauffer et utiliser pour cela un peu de l’énergie déclinante dont dispose encore la sonde. Enfin, rien n’indiquait que les moteurs s’allumeraient.

L’opération ayant parfaitement réussi, la Nasa sait qu’elle pourra tenter la même manœuvre sur Voyager 2, elle aussi en route vers l’espace interstellaire (à 16 heures-lumière), mais dont les moteurs d’attitude fonctionnent encore.

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